Le Gabon entre dans une nouvelle ère de modernisation de gestion des finances publiques. Dès janvier 2026, le gouvernement procèdera au lancement officiel de la première version du système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP). Cette réforme, pilotée au plus haut niveau de l’Etat, vise à renforcer la transparence, la traçabilité et l’efficacité du circuit des recettes publiques.
L’achèvement de cette première phase a été entériné sous la présidence du ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Henri-Claude Oyima. Le lancement de cette première version amorce l’entrée progressive du Gabon dans une gestion budgétaire intégrée, fondée sur la digitalisation des flux financiers de l’État, dans un contexte de fortes contraintes sur les finances publiques et de recherche accrue de crédibilité vis-à-vis des partenaires techniques et financiers.
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Concrètement, le module I du SIGFIP permettra la centralisation de l’ensemble des paiements fiscaux, non fiscaux et douaniers sur une plateforme unique, directement connectée au Trésor public. Cette architecture vise à sécuriser les encaissements, à améliorer la visibilité sur les flux de trésorerie de l’État et à renforcer le pilotage budgétaire en temps réel. Pour les autorités, il s’agit de mettre fin à la fragmentation des circuits de paiement, source de pertes de recettes, de retards de remontée d’information et de zones d’opacité dans l’exécution budgétaire.
Sur le plan macroéconomique, la réforme répond à un double impératif : améliorer durablement la mobilisation des recettes intérieures et renforcer les capacités de contrôle et d’audit de l’État. En réduisant les interventions manuelles, les traitements papier et les risques d’erreurs ou de détournements, le SIGFIP doit permettre une meilleure sécurisation des ressources publiques, tout en facilitant le rapprochement bancaire automatisé et l’émission de quittances uniques par le Trésor.
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Les retombées attendues concernent également l’environnement économique. Pour les contribuables et les opérateurs économiques, la plateforme promet une simplification des démarches, une meilleure lisibilité des paiements dus à l’État et une réduction des délais de traitement. Pour l’administration, elle constitue un outil commun aux régies financières — Trésor, impôts et douanes — favorisant la coordination, la fiabilité des données et la rationalisation des interfaces techniques avec les banques et les opérateurs de paiement électronique.
Moderniser l’administration publique
Le projet SIGFIP s’inscrit dans un chantier plus large de modernisation de l’administration publique gabonaise. Le 3 octobre dernier, le chef de l’État avait instruit le gouvernement d’accélérer la digitalisation des régies financières, instruction ayant conduit à la mise en place du comité de pilotage chargé d’en définir les orientations stratégiques. À terme, cette réforme est appelée à soutenir la trajectoire de croissance projetée à 6,5 % en 2026, en améliorant l’efficacité de l’action publique et la capacité de l’État à financer ses priorités économiques et sociales.

