Le gouvernement gabonais reprend en main la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG). Réuni le 8 octobre 2026, le Conseil des ministres a décidé de placer l'entreprise publique sous administration provisoire pour une durée maximale de 90 jours, après l’échec de sa dissolution au profit de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG). « Faute de ratification, les ordonnances n°0014/PR/2026 et n°0015/PR/2026 du 26 février 2026 […] sont devenues caduques », précise le communiqué.
L’administration provisoire est confiée au directeur général de l’Agriculture, qui exercera cette mission sans rémunération supplémentaire. Il devra « sécuriser le patrimoine de la société, puis de conduire son audit et sa revue stratégique », afin d’établir sa situation et d’éclairer les prochaines décisions du gouvernement. En parallèle, le gouvernement a instruit le ministre chargé de l’Économie et des Finances de régler en urgence un premier tiers des arriérés de salaires accumulés à la SAEG et à AGROPAG. Selon le communiqué, le solde devra être payé suivant un échéancier à convenir.
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Annoncée en février 2026, la dissolution de la SAEG devait permettre le transfert de ses activités, de ses compétences et de son patrimoine à AGROPAG. Cette nouvelle structure devait renforcer les filières agricoles et pastorales, développer la transformation et la commercialisation des produits locaux et contribuer à réduire la dépendance alimentaire du Gabon.
Créée le 14 mai 2024, la SAEG avait succédé à la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader), détenue à 51 % par l’État gabonais et à 49 % par le groupe Olam. Mais ses activités ont été freinées par des moyens opérationnels limités et des retards dans la mise à disposition des financements publics. Son directeur général, Aubert-Aimé Ndjila, évoquait notamment un dispositif comprenant une dizaine de conteneurs et trois camions destinés au transport de bovins, insuffisant pour structurer efficacement la collecte et la commercialisation des produits locaux.
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Cette nouvelle incertitude intervient alors que le Gabon cherche à réduire sa forte dépendance alimentaire. Selon un document national de développement de la riziculture publié en 2024, le pays dépend des importations pour environ 60 % de ses besoins alimentaires, avec une facture annuelle estimée à plus de 450 milliards de FCFA. La relance de la production locale demeure ainsi un enjeu majeur pour les finances extérieures et la sécurité alimentaire du pays.








