Le président de Transition au Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé ce 15 janvier 2025 au remaniement ministériel. L’une des innovations est l’entrée au gouvernement de Mark Doumba. Ce dernier a été nommé ministre de l’Economie et des Participations en remplacement de Mays Mouissi, muté pour le ministère de l’Environnement et du climat.
Mark Doumba n’est pas novice dans le monde des finances et des affaires. Aujourd’hui investisseur et économiste du développement, il est diplômé de l’Université George Washington, de la London School of Economics et de la Harvard Kennedy School d’après les informations obtenues du Forum économique mondial. L'expérience acquise dans ces prestigieuses écoles a permis à l’homme d’affaires gabonais de fonder et officier comme président Directeur général (PDG) de Clikpay Technologies (une néo-banque panafricaine innovante, Ndlr) et plus précisément Clikpay Money, « la première néobanque agréée d’Afrique centrale, réglementée par la Banque centrale », apprend-t-on.
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Passionné de la croissance économique durable et l’innovation en Afrique et dans les marchés émergents d’Asie, Mark Doumba a été directeur associé de ''Enovate Capital'' ; une société holding d’investissement qui fournit du capital-risque pour stimuler les entreprises axées sur l’innovation qui ont le potentiel de transformer les économies locales. « Ces entreprises ont collectivement levé plus de 50 millions de dollars américains en capital-risque, permis à plus de 40 000 petites entreprises de se formaliser, fourni des services de paiement et de crédit numériques à plus de 100 000 clients sous-bancarisés, et fourni des services de téléphonie mobile et d’Internet à plus d’1 million de personnes, générant plus de 500 emplois directs », vante le ‘’World Economic Forum’’.
Cette longue et riche carrière marquée de leadership a valu à l’investisseur d'être classé par le magazine économique américain Forbes au rang des entrepreneurs les plus prometteurs du continent africain.
De nombreux défis à relever
Mark Doumba prend les rênes du ministère gabonais de l’Economie et des Participations dans un contexte où le pays fait face à d’importants défis économiques à relever. L'un des plus urgents est de maintenir le taux d'inflation sous la barre de la norme communautaire (3%). Le pays a d'ailleurs enregistré 1,7% au premier semestre 2024 soit la plus bonne performance en zone Cemac.
Le nouvel homme fort de l’économie gabonaise devrait également contribuer à asseoir une stratégie pour inverser les prévisions moins optimistes pour le pays au cours de cette année. En effet, selon le rapport sur les « Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne » publié par le Fonds monétaire international (FMI) en octobre 2024, le Gabon enregistrerait le plus faible taux de croissance en zone Cemac juste devant la Guinée équatoriale (-4,8%). Ce taux passerait de 3,1% en 2024 à 2,6% l’année d’après. Le successeur de Mays Mouissi devrait sans doute poursuivre le combat pour l'amélioration du climat des affaires. En tous cas, dans son discours de Nouvel an, le chef de l’Etat Oligui Nguema a annoncé que l’une des priorités de 2025 serait l'identification du plan de relance économique.
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Le nouveau ministre de l’Economie et des Participations est donc tenu de rester vigilant à l’évolution de l’actualité investissements dans les domaines de l’agriculture, le transport, le tourisme, le numérique et l’industrie qui « créeront de nouvelles opportunités » afin de réduire le chômage. Après la nationalisation d’Assala, Fly Gabon et Cecagadis, le Gabon trouverait également des ressources pour accélérer son économie à travers le retour de la Société nationale des Bois du Gabon (SNBG) dans le patrimoine de l’Etat. « J’invite solennellement les investisseurs du monde entier à faire confiance à ce Gabon nouveau qui se construit », a donc exhorté Brice Claire Oligui Nguema.
Accroître les performances
Bien que dessaisi du portefeuille du ministère de l’Economie, Mays Mouissi n’y a pas fait un passage à vide. Le nouveau chef de département doit à cet effet multiplier les stratégies pour augmenter les chiffres enregistrés jusque-là. A titre d'illustration, entre septembre 2023-août 2024 (12 mois), le ministère de l’Economie au Gabon revendique des recettes fiscales de l’ordre de 1 222,9 milliards de Fcfa sur un objectif de 861,13 milliards de Fcfa soit un taux de réalisation de 130,4% en un .
Sur la même période, 483, 8 milliards de Fcfa de recettes douanières ont été mobilisées sur les 402 milliards de Fcfa attendus soit une réalisation de 120,3%. De plus, le Gabon a capté 4,3 milliards de dollars d'investissement directs étrangers (environ 2 500 milliards de Fcfa). La subvention des prix à la pompe qui évolue en dents de scie, pourrait également être l’un des dossiers brûlants sur la table de Mark Doumba.

