Le président de Banque africaine d’import-export (Afreximbank), George Elombi, a relativisé, mercredi dernier, l’impact de la dégradation de la note de crédit de l’institution par Fitch Ratings, qui l’a fait basculer en catégorie spéculative. Cette catégorie, dans laquelle se trouve la quasi-totalité des pays africains, regroupe des émetteurs dont le profil de risque est jugé élevé, se traduisant généralement par un durcissement des conditions d’emprunt.
« Si nous continuons d’investir dans les pays africains, la pertinence de notre politique restera intacte », a déclaré Elombi en marge de la signature , mercredi, d’un plan de soutien de 11 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud. « Nos finances publiques demeurent extrêmement solides, et les agences de notation le confirment elles-mêmes».
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Concrètement, Afreximbank bénéficie du statut de créancier privilégié, ce qui signifie, selon la banque, que ses actionnaires souverains ne peuvent pas lui imposer de pertes lorsqu’ils restructurent leurs dettes. Mais Fitch estime que cet argument a été fragilisé par le cas du Ghana. En décembre 2025, Accra et Afreximbank ont annoncé le « règlement réussi » d’un prêt souverain de 750 millions de dollars, sans en divulguer les détails. Le FMI a ensuite indiqué que cet accord était « conforme au principe de comparabilité des traitements » retenu par le comité officiel des créanciers du Ghana, ce que Fitch considère comme « la preuve qu’Afreximbank n’a pas bénéficié de son statut de créancier privilégié ».
L’agence américaine souligne par ailleurs l’exposition d’Afreximbank à plusieurs pays jugés à risque, dans un environnement caractérisé par une faible qualité de crédit, des revenus par habitant limités et des facteurs politiques pesant sur la solvabilité de certains États emprunteurs.
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La décision de Fitch intervient alors qu’Afreximbank a récemment mis fin à sa relation de notation avec l’agence, dénonçant des divergences persistantes sur l’évaluation des risques liés aux restructurations de dettes souveraines. L’institution, qui revendique près de 40 milliards de dollars d’actifs, conserve toutefois des notations de qualité investissement auprès d’autres agences internationales, notamment Moody’s, GCR, Japan Credit Rating Agency (JCR) et China Chengxin International Credit Rating (CCXI).
« Notre objectif est de continuer à lever des capitaux, à les investir dans le secteur privé africain de la transformation et à créer davantage de richesse », a insisté George Elombi. « Si nous créons plus de richesse sur notre continent, nous n’aurons plus à nous soucier des autres ».

