Au cours de l’année 2024, le Cameroun a importé 69 719 tonnes d’huile de palme pour 49,9 milliards FCFA. Ces chiffres, tirés du rapport sur le Commerce extérieur 2024 de l’Institut national de la statistique (INS), affichent respectivement une baisse de 51,6% et 53,9%. Ainsi, le pays a réduit de moitié ses achats d’huile sur le marché international en un an et économisé 58,2 milliards FCFA par rapport à la facture de 108,1 milliards FCFA payé un an plus tôt.
A la lecture des données compilées par le statisticien national, les importations camerounaises d’huile de palme de l’année 2024 écoulée correspondent aux achats les moins important de ce produit depuis 2021. De fait sur la période 2021-2023, les achats de cet oléagineux ont progressé d’une moyenne de 35% d’une année à l’autre passant de 81 281 tonnes à 110 090 tonnes puis 144 068 tonnes.
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Ces baisses des ventes et achats internationaux interviennent dans un contexte marqué par une reprise de la production nationale, en progression de 35,4% à 446 984 tonnes de la production nationale enregistrée en 2024. Le volume annoncé par le Chef du gouvernement Joseph Dion Ngute, le 1er décembre 2024 à l’occasion de la présentation du Programme économique financier, social et culturel du gouvernement pour l’année 2025, est loin devant les 330 000 produits un an plus tôt.
Priorité à la consommation locale
Si l’INS n’explique pas cette contradiction, celle-ci peut se corréler à la volonté de l’Etat à satisfaire la besoin de consommation local en priorité et témoigne de la réussite des actions politiques posées dans ce sens au courant de l’année. Parmi ces actions on peut citer la création, en décembre 2023, de l’Interpalm-Cam (organisation interprofessionnelle de la filière de palmier à huile au Cameroun) avec pour mission de booster la production d’huile de palme au Cameroun. Il y a également eu le lancement du plan de relance de la filière doté d’une enveloppe de 21,7 milliards de F. Le plan triennal (2024-2026) bénéficie à trois unités agro-industrielles (CDC, Socapalm, Pamol), dans l’optique d’assurer la mise à niveau de ces dernières voire, remplacer leurs unités de transformation afin d’accroître les rendements. La Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) a d’ailleurs déjà annoncé une production d’huile de palme brute en hausse de 28,7% à 124 780 tonnes d’huile de palme à fin juin 2024, après 3 années de contreperformances.
Baisse des exportations
A noter que, dans le même temps, le rapport exploité par EcoMatin dévoile que le pays a aussi limité les ventes de ce produit alimentaire en 2024. Ainsi les exportations d’huile de palme ont chuté de 91% à 152 tonnes après un bond de 200% à 1 688 tonnes en 2023. Par conséquent, les recettes d’exportations ont-elles aussi dégringolé de 97,5% de 2,2 milliards FCFA à 57 millions FCFA entre 2023 et 2024. Cependant, en dépit de toutes ces stratégies (baisses des exportations et hausse de la production), le volume d’huile de palme mis à disposition sur le marché camerounais est encore loin de satisfaire entièrement la demande nationale évaluée à 1,17 million de tonnes.
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Pour rappel la production d’huile de palme au Cameroun est assurée à plus de 60% par les plantations industrielles et à 40% par les plantations villageoises. La filière est organisée autour de cinq principaux acteurs : les producteurs de noix de palme, les producteurs d’huile de palme (première transformation), les acteurs de la deuxième transformation (raffineries qui assurent à plus de 70% la production d’huile de palme et savonneries), les fournisseurs de services d’accompagnement et les structures d’encadrement.

