Le Tchad et les États-Unis ont engagé des discussions pour résoudre la crise des visas enclenchée par Washington en début juin, avec la suspension de l'entrée des ressortissants tchadiens sur son sol. Selon un communiqué du ministère tchadien des Affaires étrangères, daté du 11 juin, un cadre de concertation conjoint a été mis sur pied à Washington et N'Djamena pour faire face à cet incident diplomatique en cours entre les deux pays. « A la suite d'échange de notes diplomatiques ainsi que des rencontres bilatérales à N'Djamena et Washington, un groupe de travail est créé afin de discuter des moyens d'atténuer les préoccupations concernant les visas et d'assouplir les relations bilatérales. », martèle le gouvernement tchadien.
Cette annonce fait suite à un décret américain du 4 juin suspendant les visas pour les citoyens de 12 pays, dont le Tchad, le Congo et la Guinée Equatoriale en Cemac. La création de ce groupe de travail intervient après une première réponse tchadienne plus ferme. En effet, le 5 juin dernier, le Ministère des Affaires étrangères avait exprimé son « étonnement » face à la décision américaine et rejeté les motivations invoquées, qualifiant la mesure de « disproportionnée ». En vertu du principe de réciprocité, le Tchad, sous l’impulsion de Mahamat Idriss Deby, son président, avait alors suspendu la délivrance de visas et l'entrée sur son territoire pour les ressortissants américains, à l'exception des officiels. Le dialogue actuel vise à trouver une issue à cette situation tendue.
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Dans le détail, le communiqué du 11 juin apporte un allègement significatif : « les visas ou autres titres de séjour tchadiens et américains délivrés avant le 9 juin 2025 ne seront pas révoqués. » De plus, « les visas tchadiens et américains continueront d'être délivrés aux fonctionnaires en mission, et les binationaux tchado-américains pourront entrer au Tchad avec leur passeport tchadien valide et un laissez-passer. », précise le ministère. Le Tchad insiste sur le fait que la suspension américaine est basée sur un "taux élevé de dépassement du séjour autorisé" par 454 de ses concitoyens entre 2017 et 2024, et s'engage à se conformer strictement à la législation américaine.
Cette situation rappelle la portée des politiques migratoires américaines. La suspension des services de visa de routine à l'ambassade des États-Unis à N'Djamena, effective depuis le 25 mars 2025, avait déjà préfiguré les tensions actuelles. L'administration Trump, qui a réactivé une forme de « travel ban » mis en place lors de son premier mandat et annulé par l'administration Biden, continue de prioriser la sécurité nationale et la régulation de l'immigration, justifiant souvent ces mesures par des préoccupations liées au terrorisme et au taux de dépassement des visas. Alors que la Guinée Equatoriale déconseille à ses citoyens de voyager aux Etats-Unis, après la décision de Trump, le Tchad lui ne fléchit pas.
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