Le président américain Donald Trump a signé le 4 juin un décret restreignant l'entrée aux États-Unis pour les citoyens de douze pays, dont le Tchad, le Congo-Brazzaville et la Guinée Équatoriale, trois nations de la CEMAC. Cette décision, effective dès le 9 juin, est justifiée par des préoccupations de « sécurité nationale » et s'inscrit dans la lignée du « travel ban » (interdiction de voyager ou interdiction d'entrée sur le territoire) de son précédent mandat. « Je dois protéger la sécurité nationale et l’intérêt des Etats-Unis et de son peuple. », a déclaré le président dans un communiqué.
Inquiétudes sécuritaires et dépassements de visa
Cette nouvelle interdiction est motivée par plusieurs facteurs. Le président Trump invoque la menace que feraient peser les « terroristes étrangers » ainsi que le taux élevé de ressortissants des pays concernés qui demeurent sur le territoire américain après l'expiration de leur titre de séjour. Un récent incident à Boulder, dans le Colorado, impliquant un individu dont le visa avait expiré, a été cité comme illustration des « dangers extrêmes » de l'entrée de ressortissants étrangers « non correctement contrôlés ».
Défis de coopération et de contrôle
L'administration américaine précise également que ces pays ne coopèrent pas suffisamment en matière de sécurité des visas, sont incapables de vérifier l'identité des voyageurs, ne conservent pas adéquatement les antécédents criminels, ou refusent de reprendre leurs concitoyens expulsés. Pour le Tchad par exemple, cette nouvelle arrive après une suspension déjà en place depuis le 25 mars 2025 de tous les services de visa de routine à l'ambassade des États-Unis à N'Djaména, renforçant ainsi les brèches déjà perceptibles.
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Les conséquences de ce décret sont immédiates et se feront sentir pour des milliers de personnes. L’acte de Trump précise que les citoyens des pays visés par une interdiction totale, y compris le Tchad, le Congo et la Guinée Équatoriale, ne pourront plus entrer sur le territoire américain à partir du 9 juin. Des organisations comme le National Iranian American Council ont déjà exprimé leur regret, affirmant que ces mesures ne feront que « faire souffrir de nombreux Américains » dont les proches seront « arbitrairement privés de visa ».
Il faut noter par ailleurs que « travel ban » n'est pas sans précédent. Durant son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait déjà émis une interdiction d'entrée sur le territoire, surnommée « muslim ban », qui visait principalement sept pays à majorité musulmane. À l'exception de l'Irak, tous les pays concernés par ce précédent décret sont également inclus dans la nouvelle liste. Donald Trump fait d'ailleurs référence à ce décret de 2017, affirmant qu'il avait "permis d’éviter des menaces contre la sécurité d’atteindre [les] frontières [américaines]". Cette nouvelle mesure confirme la persistance de l'approche restrictive de l'administration Trump en matière d'immigration, réactivant une politique qu'avait pourtant annulée le président Joe Biden en 2021.
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