L'administration Trump envisage de fermer plusieurs missions diplomatiques en Afrique centrale, dont un consulat au Cameroun et des ambassades au Congo et en République centrafricaine (RCA), selon des documents officiels consultés par Reuters le 14 avril dernier. Les documents révèlent que le consulat américain de Douala, au Cameroun, figure parmi les 17 dont la fermeture est recommandée. De plus, « les 10 ambassades dont la fermeture est envisagée sont basées en Érythrée, à Grenade, au Lesotho, en République centrafricaine, au Luxembourg, en République du Congo, en Gambie, au Soudan du Sud, à Malte et aux Maldives, selon le deuxième document examiné par Reuters », précise l’agence de presse.
Recentrage stratégique
L'administration américaine justifie ces fermetures par une volonté de réduire les dépenses et de rationaliser ses opérations diplomatiques, dans le cadre d'une politique plus large de réduction drastique du budget des dépenses du Département d'État et de recentrage sur les intérêts nationaux américains. Cette politique, menée conjointement avec le Département de l'Efficacité Gouvernementale (DOGE) d'Elon Musk, vise à réduire considérablement la taille du gouvernement fédéral. Concrètement, le budget du Département d'État passerait de 54,4 milliards de dollars (environ 32 640 milliards de FCFA) pour l'année fiscale en cours, à 28,4 milliards de dollars (environ 17 040 milliards de FCFA) pour l'année 2026. Soit une baisse de 26 milliards de dollars (environ 15 600 milliards de FCFA), représentant une réduction d'environ 47,79 %. L'aide étrangère, quant à elle, passerait de 38,3 milliards de dollars (environ 22 980 milliards de FCFA) à 16,9 milliards de dollars (environ 10 140 milliards de FCFA). Soit une baisse de 21,4 milliards de dollars (environ 12 840 milliards de FCFA), représentant une réduction d'environ 55,87%.
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Ces fermetures envisagées de missions diplomatiques américaines en Afrique centrale coïncident avec l'examen par la Chambre basse du Congrès américain d'un projet de loi visant à suspendre toute action des États-Unis au sein du FMI en faveur des six pays de la CEMAC. Selon certaines analyses, cela pourrait être l'aboutissement d’un lobbying de longue date orchestré par les multinationales du secteur pétrolier et minier, appuyées par leur conseiller juridique, Steven Galbraith. Concrètement, le législateur américain remet en cause la volonté des États de la région de comptabiliser dans leurs réserves de change brutes les provisions constituées par les compagnies pétrolières et minières pour la restauration des sites après exploitation, également appelées Fonds RES. Alors qu’une étude menée par la BEAC estime que lesdits Fonds pourraient générer jusqu’à 6 000 milliards FCFA (environ 9,6 milliards de dollars) pour les pays de la CEMAC, soit un coussin de sécurité important pour les besoins de financement courant dans un contexte où les Etats-Unis menacent toujours d’appliquer des droits de douanes à la hausse.
Antécédents et incertitudes
Il est à noter que ce n’est pas la première fois que l’administration Trump envisage ce genre de manœuvre. Au cours de son premier mandat, le président américain a proposé de réduire d'environ un tiers les budgets de la diplomatie et de l'aide américaines. Mais le Congrès, qui détient le pouvoir budgétaire au sein du gouvernement fédéral américain, avait rejeté cette proposition. Reuters précise que ces fermetures ne sont pas encore actées et pourraient être modifiées par le Congrès américain.
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Alors même que l’administration Trump envisage de réduire sa présence diplomatique en Afrique centrale, les dernières données commerciales de l’AGOA révèlent une intensification des échanges entre les États-Unis et plusieurs pays de la région. En 2024, le commerce total de marchandises entre les États-Unis et le Cameroun s’élevait à 441,9 millions de dollars (environ 265,14 milliards FCFA), avec un déficit pour les États-Unis de 55,7 millions de dollars (environ 33,42 milliards FCFA), marquant un renversement par rapport à l'excédent de 2023. Avec la République centrafricaine, le commerce total s’est élevé à 36,5 millions de dollars (environ 21,9 milliards FCFA), les États-Unis enregistrant un excédent de 33,6 millions de dollars (environ 20,16 milliards FCFA), en forte hausse. L'excédent avec la République du Congo a atteint 196,9 millions de dollars (environ 118,14 milliards FCFA), sur un commerce total de 277,3 millions de dollars (environ 166,38 milliards FCFA), avec une augmentation spectaculaire. Ces chiffres soulignent un déséquilibre entre la politique diplomatique envisagée et les intérêts commerciaux américains dans la région.

