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Immobilier : la Sic cherche 6 milliards de Fcfa pour réhabiliter ses immeubles

L’entreprise dont les recettes annuelles se chiffrent à moins de 3 milliards Fcfa se dit incapable de mobiliser ce montant et espère une intervention de l’Etat, son principal actionnaire. Selon les dernières analyses de l’indice de dégradation des logements, il faut une intervention d’urgence.

Le parc locatif de la Société immobilière du Cameroun (Sic) à travers le pays est en grande partie en état de vétusté. L’entreprise se dit en incapacité de le réhabiliter, faute de moyens financiers. Selon le directeur général adjoint de cette société, Faustin Clovis Noundjeu, qui s’exprimait lundi en marge d’une conférence organisée dans le cadre du Salon de l’action gouvernementale (Sago) en cours à Yaoundé, il faudrait jusqu’à 6 milliards Fcfa pour le ravalement des logements dégradés. Il a avoué que l’entreprise, en l’état actuel des choses, n’est pas capable de mobiliser un tel montant, or, souligne-t-il, « les dernières analyses sur l’indice de dégradation montrent qu’il faut une intervention d’urgence ». Ses espoirs reposent d’ailleurs depuis 2019 sur une éventuelle intervention de l’Etat, principal actionnaire de la Sic avec 86% des parts.

Officiellement, les recettes annuelles de la Sic sont en deçà de 3 milliards de FCFA. Depuis au moins une décennie, l’entreprise termine sur un résultat d’exploitation négatif. En 2016, ce résultat était déficitaire de 4,4 milliards Fcfa, contre 3,6 milliards Fcfa en 2017 et 4,05 milliards Fcfa en 2018. Entre autres causes dénoncées par le Comité technique de réhabilitation des entreprises publiques (CTR), la baisse depuis le milieu de la décennie 1990 des loyers due à la dévaluation du Fcfa et  l’inadéquation du niveau des charges d’exploitation de l’entreprise avec le chiffre d’affaires. Pour le directeur général adjoint, soutenir la Sic sur les compléments non payés par les occupants est une question de survie de son parc locatif.

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Recapitalisation

En effet,  sur décision du président de la République, Paul Biya, depuis au moins 25 ans, les prix des logements Sic sont bloqués à 17000 Fcfa et 32000 Fcfa, selon le standing. Dans un rapport publié début 2020, le CTR notait : « si les résultats négatifs s’accumulent au rythme observé, l’État sera emmené à procéder à la recapitalisation de la SIC ou tout au moins à compenser les effets négatifs de l’homologation des prix à travers des subventions, afin de maintenir l’équilibre de l’exploitation ». Dans le cas contraire, l’Etat devrait « soit procéder à la dissolution de la Sic, soit au relèvement des loyers de manière à couvrir les charges de fonctionnement, et de faire face à ses engagements financiers, ainsi qu’à son développement ».

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Sur les charges d’exploitation, il est à noter que celles du personnel, à elles seules, représentent au moins 74% du chiffre d’affaires de la Sic. L’entreprise fait, par ailleurs, face à d’énormes difficultés de recouvrement liées au phénomène de la filouterie de loyer. En 2018, le top management avait révélé que le volume des impayés avait atteint jusqu’à 8,17 milliards de FCFA. En 2021, l’actuel directeur général de la Sic, Ahmadou Sardaouna, avait lancé une procédure d’expulsion à l’encontre de près de 500 locataires insolvables.

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Jean Omer Eyango

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