Au Cameroun, environ 230 projets sociaux sont au poids mort sur les trois dernières années écoulées. Le communiqué du ministre délégué à la présidence chargé des Marchés publics (Minmap) de la République Ibrahim Talba Malla du 1er novembre 2024, identifie les entreprises locales ayant abandonné au moins un marché public au cours des exercices 2023, 2022, 2021 et précédents. Les projets abandonnés valent environ 11 milliards de Fcfa. Selon les observations du gouvernement, une vingtaine de ces projets sont à l'arrêt, une trentaine n’ayant jamais démarré, la majorité à l’abandon. L’on constate qu'environ 90 projets ont largement dépassé les délais contractuels soit 40% des marchés publics en abandon. A en croire le document consulté par EcoMatin, les motifs de cette inertie trouvent leurs origines entre la défaillance des entreprises, la non disponibilité des documents contractuels, le non-paiement des décomptes, le manque de mobilisation des entreprises adjudicataires, etc.
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Impact socio-économique
Cette situation impacte négativement l’environnement socio-économique. A titre d’illustration, plus de 25% d’entre eux portent sur la construction des salles de classes, toute chose qui fragilise l’éducation dans les zones ciblées dans un contexte où le nombre d’élèves va croissant. A en croire l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun est passé de 4, 3 millions d’élèves au Primaire en 2019 à 4,9 millions en 2022. Par contre, le nombre d'établissements a subi une baisse passant de 22 433 à 22 074 à la même période soit une diminution de 359 écoles en trois ans (-1,6%). A cette liste viennent se greffer des projets d'adduction en eau potable, d’électrification, de construction des centres de santé, des logements d'astreinte dans un contexte où les disparités d’accès à ces besoins sociaux perdurent entre les zones rurales et les zones urbaines.
Sur le volet forestier par exemple, le projet de fourniture et de mise en service d’une machine à bois à la SAR/SM (Section artisanale rurale et section ménagère) de Ndélélé (région du Nord) est en abandon après un taux d’exécution de 60% au 18 juillet 2023 pour un taux de de consommation des délais de 607%. A l’ère de la promotion de la politique d’import-substitution, de nombreux projets sont malheureusement en berne. C’est le cas du marché de construction d’un étang artificiel pour la pisciculture à Tagawa (région de l’Extrême-Nord).
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Passation des marchés
S’il est vrai qu'une infime partie des entreprises sur le banc des accusés présentent pour argument le nom paiement des décomptes, la désertion de la majorité sur le terrain remet néanmoins sur la table l’efficacité des différents maîtres d’ouvrage ainsi que le processus de contractualisation. L’on se souvient tout de même que dans un rapport rendu public en juin dernier, la Banque mondiale fait savoir que « 94% des entreprises interrogées jugent non transparent le système de passation des marchés publics et d’attribution des bons de commandes administratifs (BCA) au Cameroun) ». Malgré le retard criard observé sur le terrain, le ministre des Marchés publics accordé un délai de 21 jours aux prestataires concernés (à compter du 1er novembre 2024) à l’effet de reprendre les travaux et de les achever sous peine de résiliation de contrat.

