La Guinée équatoriale a engagé des discussions avec des sociétés internationales de négoce de matières premières pour mobiliser un prêt de 300 millions de dollars, soit environ 180 milliards FCFA, destiné à relancer sa production nationale d’hydrocarbures. Selon Bloomberg, Malabo cherche à conclure un accord de préfinancement adossé à des livraisons futures de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), alors que le baril de brut évolue durablement sous le seuil de 60 dollars, accentuant la pression sur les finances des pays producteurs. « La nation cherche 300 millions de dollars en échange de livraisons de pétrole brut et de GNL réparties sur plusieurs années », rapporte l’agence américaine, citant des sources proches du dossier.
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Le mécanisme envisagé repose sur un remboursement échelonné en hydrocarbures, une formule déjà utilisée par certains producteurs africains confrontés à la fois au retrait des banques internationales du financement des projets fossiles et à la volatilité persistante des cours du brut sur les marchés mondiaux. Dans un environnement de prix bas, ce type de financement pourrait permettre à Malabo de sécuriser rapidement des liquidités pour financer sa part dans les projets en amont, maintenir l’activité des champs existants et enrayer le déclin de ses actifs extractifs. Pour les traders, disposant de liquidités abondantes, l’intérêt réside dans l’accès garanti à des volumes physiques, même dans un cycle de prix défavorable.
-11 000 barils/j en 2025
Pour un secteur central de l’économie équato-guinéenne, les enjeux sont majeurs. D’après le rapport mensuel de l’OPEP publié le 14 janvier 2026, la production de pétrole du pays s’est établie à 46 000 barils par jour en décembre 2025, contre 57 000 barils par jour à fin 2024, soit une baisse de 11 000 barils par jour (-19 %). Cette contraction intervient dans un contexte où les hydrocarbures représentent une part déterminante des recettes budgétaires de l’Etat.
Longtemps portée par les majors américaines, la production nationale a été fragilisée par le désengagement récent de groupes comme ExxonMobil et le vieillissement des champs. Le pays s’appuie désormais sur des opérateurs encore présents, notamment ConocoPhillips, Chevron ou la société norvégienne Panoro Energy. Membre de la CEMAC et engagé dans des projets énergétiques régionaux avec le Cameroun et le Gabon, la Guinée équatoriale pourrait ainsi attirer l’intérêt de traders déjà actifs dans la sous-région, tels que Trafigura, Vitol, Gunvor ou Glencore, susceptibles de se positionner sur cette opération de préfinancement dans un contexte de marché pétrolier durablement incertain.

