Les autorités camerounaises et équato-guinéennes ont dévoilé le 19 novembre à Yaoundé les contours du plan de développement du champ gazier Yoyo-Yolanda, un gisement transfrontalier estimé à 2 500 milliards de pieds cubes de ressources. Réunies au siège de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), les délégations étaient conduites par Nathalie Moudiki pour la partie camerounaise et par le vice-président Teodoro Obiang Nguema Mangue pour la Guinée équatoriale. « L’option retenue prévoit notamment la construction de deux pipelines d’exportation, l’un vers le centre de traitement de Bipaga au Cameroun, l’autre vers les installations de Punta Europa dans le champ d’Alen en Guinée équatoriale », a déclaré le directeur de l’exploitation de la SNH lors d’une présentation.
D’après les officiels, le développement de ce champ devrait être assuré par l’américain Chevron, également présent au Cameroun via Noble Energy. Le schéma comprend une plateforme de traitement installée dans le périmètre du contrat de partage de production (CPP) Yoyo, trois puits de développement et des infrastructures permettant d’acheminer le gaz vers les deux pays pour un traitement final séparé. Selon la présentation de la SNH, 84% des ressources du gisement sont situées côté camerounais et 16% côté équato-guinéen. Ce projet intervient alors que les deux États subissent une érosion continue de leurs recettes pétrolières, affectées par la baisse de production liée au vieillissement des champs, le recul des cours internationaux et l’instabilité du dollar.
La mise en œuvre du projet s’appuie sur un cadre juridique bilatéral déjà consolidé. L’accord Cameroun–Guinée équatoriale, signé en mars 2023 et ratifié par les deux pays en 2023 et 2024, a été déposé à l’ONU en janvier 2025, « rendant ses dispositions irrévocables », selon les dirigeants. Trois instruments doivent encadrer l’exploitation : un accord bilatéral de coopération, un accord d’unification définissant les modalités d’exploitation conjointe du champ Yoyo-Yolanda, et un accord d’opérations régissant l’intervention de l’opérateur.
Cependant, les deux Etats révèlent que certaines dispositions restent en négociation avec Chevron, notamment sur la loi applicable à l’unité et les aspects liés à la réglementation des changes. Il s’agit concrètement des dispositions cruciales pour assurer la sécurisation des fonds dédiés à la restauration des sites après exploitation.
Les produits finaux attendus du traitement du gaz de Yoyo-Yolanda à Bipaga et Punta Europa devraient inclure des condensats, des GPL, du gaz sec destiné à la liquéfaction ainsi que des volumes pour les usages domestiques camerounais, ouvrant la voie à une valorisation conjointe des ressources gazières du Golfe de Guinée. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de coopération énergétique entre les deux pays engagés depuis plusieurs années. La répartition des ressources pourrait, selon les autorités, être révisée une fois la frontière maritime de 2012 sera définitivement délimitée, un dossier que les autorités jugent nécessaire de relancer.
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