Le rapport général des conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA) 2026 prévoit, dans la programmation du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), plusieurs investissements devant contribuer au développement de la chaîne de valeur laitière. Leur enveloppe cumulée atteint 36,6 milliards de FCFA, dont 12,65 milliards pour les aménagements hydroagricoles, 14,93 milliards destinés aux fermes à vocation laitière et 9,02 milliards pour un centre national de production de semence bovine à Ngaoundéré et ses trois relais à Lougguéré, Maroua et Jakiri.
Dans le détail, le premier projet porte sur l’aménagement de 15 280 hectares hydroagricoles afin de contribuer à sécuriser la disponibilité de l’alimentation animale. Le second doit soutenir la production laitière, tandis que le troisième mise sur l’insémination et l’amélioration génétique du cheptel. Les aménagements hydroagricoles et la production de semence bovine peuvent toutefois bénéficier plus largement à l’élevage. Les crédits programmés entre 2027 et 2029 représentent 17,6 % des 207,6 milliards de FCFA du cadrage budgétaire du département ministériel sur la période. Ils restent soumis aux arbitrages et au vote des budgets annuels.
Selon le rapport exploité par EcoMatin, la progression attendue de la production devrait permettre d’atteindre 351 900 tonnes de lait par an d’ici 2029, cible pourtant fixée pour 2026 par le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH). « La progression des cibles indique que l’objectif de production de 351 900 tonnes de lait fixé pour 2026 dans le document PIISAH, pourrait être atteint en 2029 », peut-on lire. Soit un décalage potentiel de trois ans.
Un objectif ambitieux dans un secteur où l’offre nationale peine à suivre la demande. Selon le bilan 2025 du MINEPIA, la production de lait s’est établie à 183 286 tonnes, contre 180 574 tonnes en 2024, soit une hausse de 1,5 %. La synthèse des CEPB-PA mentionne pour sa part 239 949 tonnes, sans préciser dans ce passage la période de référence. Sur cette base, l’écart avec l’objectif serait encore de 111 951 tonnes, soit 31,8 % de la cible.
Si l’objectif est finalement atteint, il pourrait contribuer à réduire la facture des importations, même s’il ne couvrirait pas entièrement la demande, estimée à 450 000 tonnes par an. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les importations de la rubrique « lait et dérivés, œufs et miel » ont atteint 38,2 milliards de FCFA en 2025. Les achats de lait ont représenté environ 33 milliards de FCFA pour 17 880 tonnes, en hausse de 8 % en volume. Leur facture a néanmoins légèrement reculé, de 1,2 %, sous l’effet de la baisse de la valeur moyenne à l’importation.
Une subvention de 50 % à l’étude
Au-delà des objectifs et attentes, le rapport relève une contrainte à l’amélioration de la productivité, notamment « l’absence d’une politique de subvention dans la filière lait », jugée peu attractive financièrement malgré son importance stratégique. Il recommande donc une réflexion du MINEPIA avec le ministère de l’Économie sur la mise en place d’un mécanisme de subvention d’environ 50 % au bénéfice des acteurs de la production laitière, « comme en Afrique de l’Ouest ».
Le rapport ne précise ni les pays ni les dispositifs visés. Il ne définit pas davantage les dépenses qui seraient couvertes, les bénéficiaires ou les ressources nécessaires. Cette recommandation ne constitue donc pas encore une décision d’accorder une subvention. Elle s’accompagne d’une demande de préparation d’une note conceptuelle du Plan national lait. Celle-ci doit être soumise au Comité national de maturation des projets, dans la perspective d’une mobilisation de financements extérieurs pour soutenir la filière.
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