Les achats camerounais de vêtements et de chaussures en provenance de Chine poursuivent leur progression. Entre janvier et septembre 2026, leur valeur cumulée atteint 395 millions de dollars, soit environ 230,5 milliards FCFA, selon les statistiques douanières chinoises. En hausse de 12,1 % en glissement annuel, ce montant regroupe les vêtements classiques, les vêtements en bonneterie (tricotés ou crochetés) et les chaussures. La base de données consultée par EcoMatin indique que la croissance de ce poste est principalement portée par les vêtements de femmes, dont la valeur a progressé de 57,2 % à 104 millions de dollars.
Lire aussi : Friperie : augmentation des valeurs imposables
La ventilation des exportations chinoises dans le domaine de l’habillement montre que les vêtements classiques totalisent 147 millions de dollars, soit 37,2 % du total. Les vêtements féminins (femmes et filles) représentent 70,7 % de cette enveloppe, grâce à une demande plus prononcée pour les bas d’habillement. La douane chinoise cite d’ailleurs, parmi les « produits d’exportation chinois à forte croissance vers le Cameroun », les « Pantalons, salopettes, culottes et shorts en coton pour femmes ou filles (à l’exclusion des articles tricotés ou crochetés, des culottes et des maillots de bain) », dont la valeur a doublé pour atteindre 41,5 millions de dollars (environ 24 milliards FCFA). Cette hausse a contribué à faire progresser de 38,1 % d’une année à l’autre la facture des vêtements importés, qui atteint déjà l’équivalent des achats globaux de l’année 2025.
Viennent ensuite les chaussures, pour une dépense de 135 millions de dollars, dont 111 millions pour les modèles à semelles extérieures en caoutchouc ou en plastique. Les achats camerounais de chaussures ont cependant légèrement reculé (-1,7 %), sans que la douane chinoise n’en précise la cause. Enfin, les articles en bonneterie chinois envoyés au Cameroun ont, pour leur part, totalisé 113 millions de dollars.
Lire aussi : Consommation des ménages : les vêtements et chaussures responsables de la vie chère
Au-delà des chiffres, cette évolution pose la question de la place croissante des importations chinoises sur le marché camerounais de l’habillement, dans un contexte où les enseignes de vêtements chinoises gagnent en visibilité. Ceux-ci proposent des articles vestimentaires venus de Chine, avec une offre diversifiée et des prix souvent compétitifs. En assurant directement la vente au détail, certains de ces opérateurs se positionnent sur le même segment que les commerçants camerounais, dont une partie s’approvisionne auprès des grossistes importateurs. Cette présence accentue la pression concurrentielle sur les détaillants locaux, qui doivent désormais rivaliser avec des acteurs disposant parfois d’un accès direct aux fournisseurs et aux circuits d’approvisionnement chinois.
Si les statistiques douanières chinoises les comptabilisent comme des exportations vers le Cameroun, elles ne précisent pas quelle proportion est effectivement destinée à la consommation locale. Une partie pourrait être réexportée vers le Tchad et la République centrafricaine, deux pays enclavés qui utilisent notamment le port de Douala et de Kribi pour leur approvisionnement.
Lire aussi : Cameroun-Chine : le déficit commercial atteint 3,17 milliards de dollars en neuf mois














