Au Cameroun, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), organisme public chargé de gérer les intérêts de l'État dans le secteur des hydrocarbures, a lancé à fin juillet un appel d'offres international pour promouvoir neuf (09) blocs pétroliers et gaziers libres auprès d'investisseurs étrangers. Dénommé « Licensing Round », cette campagne de neuf mois vise à octroyer des licences pour l'exploration et l'exploitation de 4 blocs onshore et 5 blocs offshore. Selon un communiqué de l'organisme, « tous les neuf blocs en promotion sont à proximité de puits existants, et sont couverts par des données sismiques (2D/3D), des puits précédemment forés, des découvertes de puits incluant des prospects identifiés et des prospects vierges ». La campagne est effective depuis le 1er août 2025 et se clôturera en mars 2026.
Ces blocs s'étendent sur une superficie globale de plus de 20 000 km² et se situent dans les bassins de Rio del Rey (RDR) et Douala/Kribi-Campo (DKC), dans les régions du Centre, du Littoral, du Sud et du Sud-Ouest à la péninsule de Bakassi, jadis convoitée par le Nigeria. Parmi les blocs figurent Ndian River, Bakassi, Kombe-Nsepe et Bomono (onshore), ainsi que Bolongo Exploration, Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem (offshore). L'entreprise révèle qu’elle dispose déjà de données techniques sur 85 puits pétroliers dans ces périmètres. Il s'agit de la deuxième fois que le Cameroun promeut ces neuf blocs ; une première campagne lancée en 2019 n'aurait pas abouti en raison de facteurs extérieurs comme la pandémie de Covid-19.
Lire aussi : Dépenses publiques : Paul Biya veut mettre fin aux paiements directs par la SNH dès 2026
L'objectif de la SNH est double : relancer l'exploration et la production d'hydrocarbures, et moderniser son offre. L'entreprise précise que les contrats pétroliers peuvent prendre trois formes distinctes : contrats de concession, contrats de partage de production ou contrats de services à risques. Les conditions de soumission varient selon le type de contrat, mais les offres doivent toujours inclure un programme de travail minimal et respecter des conditions minimales, notamment un budget de formation de 100 000 USD par an durant l'exploration.
Ces efforts pourraient viser à endiguer la chute des recettes pétrolières qui contribuent encore significativement aux finances de l'État, soit 13,8% en 2024. En effet, les recettes pétrolières du pays ont baissé de 188,3 milliards de Fcfa entre 2023 et 2024, passant de 877,0 milliards à 688,7 milliards de Fcfa. De plus, un récent rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) souligne que la valeur des réserves de pétrole du pays a diminué de 50 % en 25 ans. Cette tendance baissière, qui devrait se poursuivre jusqu'en 2027, rend cette campagne cruciale pour stabiliser les revenus publics et attirer les investissements nécessaires.
Lire aussi : Pétrole : le Gabon capte 67% des investissements de Maurel & Prom au premier semestre
En outre, cette campagne s'inscrit dans un contexte où la SNH est activement impliquée dans d'autres projets majeurs. L'entreprise collabore notamment avec des investisseurs émiratis sur le projet CSTAR, qui prévoit la construction d'une raffinerie intégrée de pétrole à Kribi. Parallèlement, elle développe un projet de construction d'une unité de stockage d'hydrocarbures de 300 000 barils pour approvisionner le marché local et sous-régional.
Lire aussi : Hydrocarbures : Eni muscle sa logistique offshore au Congo avec six nouveaux navires

