Le 18 juillet 2025, le président de la République, Paul Biya, a rendu publique la circulaire relative à la préparation du budget de l’État pour le compte de l’exercice 2026. Parmi les orientations générales de la politique budgétaire, figure en bonne place, le souci de rationaliser les dépenses aussi bien en capital qu’en fonctionnement. À cet effet, « un terme devra être mis dès 2026, à la pratique des interventions directes au niveau de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Les opérations y relatives suivront dorénavant la procédure normale d'exécution de la dépense, au même titre que les autres dépenses du budget de l'État », écrit Paul Biya.
Ces interventions directes désignent des paiements effectués par la SNH sur instruction présidentielle, pour des dépenses jugées urgentes, souvent liées à la souveraineté ou à la sécurité nationale (justice militaire, sécurité, loyers d’immeubles, etc.). Ces sommes, issues des revenus pétroliers, sont ensuite régularisées en loi de règlement en fin d’exercice. Un fonctionnement hors budget, critiqué de longue date par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui y voient un manque de traçabilité et un contournement des procédures budgétaires normales.
La mesure contenue dans la circulaire du chef de l’État implique donc deux changements majeurs. D’abord, la SNH ne pourra plus effectuer des interventions sans passer par la procédure normale de dépenses. En d’autres termes, celles-ci devront suivre les autres dépenses du budget de l’État : être autorisées, budgétisées et exécutées de manière transparente et contrôlée. Cependant, pour prendre en compte l’urgence de certaines dépenses liées aux hydrocarbures, un mécanisme spécial devra être mis en place pour permettre les paiements rapides et efficaces. « Un mécanisme de paiement approprié devra être mis en place au sein du Ministère chargé des finances pour tenir compte de l'urgence qui caractérise les dépenses de cette nature », lit-on.
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Dans le ‘’Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la Nation’’ annexé à la loi de finances initiale de 2025, le ministère des Finances souligne que les dépenses en biens et services augmentent de 105,8milliards FCFA (+11,5%), soutenu entre autres par des interventions directes SNH pour couvrir la sécurité, des frais de justice militaire et des loyers des immeubles. Pour sa part, le ministère de l’Économie fait remarquer que les dépenses exécutées à travers les procédures dérogatoires (avances de trésorerie, engagements prévisionnels), sont proscrites par la loi et créent un effet d’éviction sur d’autres dépenses également prioritaires, toute chose qui favorise avec les interventions directes de la SNH.
En 2020 et 2021, la SNH a transféré au titre des interventions directes, 194,3 milliards FCFA et 224 milliards de FCFA respectivement. FMI explique que ce bond tient de « l’augmentation ponctuelle des dépenses de sécurité lors de la récente organisation de la Coupe d’Afrique des Nations ». Cumulé, c’est environ 419 milliards de FCFA que la SNH a dépensé via ce mécanisme en 2 ans.
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