Le marketer public du Cameroun, Tradex S.A., filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), fait face à une première résistance dans le cadre de son plan d’expansion en République démocratique du Congo (RDC). Selon des sources locales, dans l’après-midi du 28 août 2026, un groupe de soldats masqués, agissant sur ordre d’un commandant militaire et munis d'un document signé par un ministre, a démoli la station-service qui était en construction en face de l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, la capitale de la RDC. L’opération aurait été menée en seulement 25 minutes. « Bien que l’identité de ce tiers n’ait pas été rendue publique après la démolition, la RDC a informé le gouvernement camerounais de l’incident », précisent ces sources.
Tradex n’a pas encore officiellement communiqué sur l’affaire, plus d’une semaine après l’événement. Contactée par EcoMatin le 9 septembre, une source proche du dossier au sein de l’entreprise confirme l’information. « Effectivement, l’une des deux premières stations Tradex en cours de construction à Kinshasa a été démolie par des hommes cagoulés avec une autorisation de démolition signée par le ministère de l'Urbanisme. On ne sait pas ce qui s’est réellement passé ou les vraies motivations de cet acte. C’est surprenant ! ».
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Sur les images partagées sur les réseaux sociaux, l’on aperçoit effectivement la destruction partielle de la tour, l'absence des pompes, ainsi que la destruction du garage et de la boutique. Pour ce responsable, en effet, le distributeur de carburant camerounais dispose pourtant de toutes les autorisations nécessaires pour mener ses activités dans le pays de Félix-Antoine Tshisekedi : permis de bâtir, certificat d’exploitation, etc. Pour l’heure, la société a engagé des procédures auprès des autorités congolaises, confie la source.
Question d’avoir une idée claire des mobiles de cet acte qui a stoppé net l’évolution du chantier. Actuellement, aucun inventaire n’a été réalisé pour évaluer l’ampleur des dégâts. D’après notre informateur, Tradex ne peut encore parler de perte financière actée, mais il s’agit d’un investissement de 2 millions de dollars (environ 1 milliard de FCFA). « À l’issue des procédures administratives en RDC, s’il s’avère que Tradex est fautive, on considérera qu’on a perdu 2 millions de dollars d’investissement », martèle-t-il.
Rappelons que la station démolie devait constituer l’une des toutes premières du réseau de Tradex RDC S.A. Fondée en 2024 et spécialisée dans la commercialisation, le stockage et le transport de produits pétroliers, la filiale prévoyait une ouverture au second semestre 2026. Cet incident survient près de trois mois après le réaménagement de la direction de cette filiale, marqué par la nomination de Georges Bassalang Bolemen en tant que Directeur Général de Tradex RDC S.A. par le Conseil d'Administration lors d'une session extraordinaire tenue à Douala le 11 juin 2026, succédant à Philippe Attang Atomb Bekonj. Le Camerounais se heurte ainsi à une première résistance dans un marché structuré où opèrent le français TotalEnergies, le sud-africain Ledya Oil & Gas Distribution & Services (LOG DS) ou encore KHERYB SARL.
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