Le 8 décembre 2025, les ministres camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) et de l’Environnement (Minepded) ont cosigné un arrêté imposant un taux minimal de 30 % de matière plastique recyclée (R-PET) dans la fabrication de tous les emballages destinés à la consommation, alimentaires comme non alimentaires. Cette obligation concerne aussi bien les producteurs que les importateurs de granulés, de préformes et d’emballages plastiques finis.
La décision est « révisable », ce qui confère au gouvernement le droit d'ajuster ce pourcentage à l'avenir, que ce soit pour l'augmenter (si les capacités de recyclage nationales le permettent) ou pour le réduire (en cas de difficultés d'approvisionnement en R-PET conforme). Cette flexibilité s'accompagne d'une exigence de qualité stricte : « les PET recyclés doivent être conformes aux normes et spécifications techniques applicables en la matière ».
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Pour permettre aux entreprises d’opérer des migrations techniques nécessaires et se conformer à l’exigence des 30 %, une période de transition de 12 mois leur est accordée. Le suivi et la mise en œuvre effective de cette mesure sont confiés conjointement au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique et à l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR).
Les deux membres du gouvernement n’expliquent pas directement les motivations ayant conduit à cette nouvelle exigence. Toutefois, les objectifs qu’elle poursuit semblent s’inscrire dans deux grands registres. Sur le plan environnemental, la mesure vise clairement à détourner une part significative des déchets PET des caniveaux et des milieux naturels, améliorant ainsi l’assainissement urbain et la protection des écosystèmes. En instaurant une obligation d’incorporer 30 % de Polyéthylènetéréphtalate recyclé (R-PET), l’État crée une demande stable et prévisible, rendant le recyclage plus rentable que l’abandon ou l’enfouissement des déchets. L’usage de matières recyclées étant moins énergivore que la production de plastique vierge, la mesure contribue par ailleurs aux engagements climatiques du pays.
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Sur le plan industriel, cette obligation devrait dynamiser l’économie circulaire locale. En privilégiant le plastique recyclé produit au Cameroun, le gouvernement sécurise un marché captif pour les entreprises nationales de collecte, de transformation et de valorisation des déchets, favorisant ainsi l’investissement dans de nouvelles capacités industrielles. Lors de son passage devant le Parlement en novembre, le ministre de l’Environnement, Hélé Pierre, a rappelé que la Bourse nationale des déchets, lancée en 2024, constitue une étape majeure vers l’économie circulaire annoncée depuis 2016. Il a également souligné la délivrance de 132 permis environnementaux et le transfert de 320 millions FCFA à 32 collectivités territoriales décentralisées pour appuyer la lutte contre l’insalubrité et l’amélioration du cadre de vie.

