Dans une correspondance signée le 16 décembre 2025 et adressée au ministre des Relations extérieures, le ministre Délégué auprès du ministre des Finances (Minfi), Yaouba Abdoulaye, a formellement démenti des informations faisant état d’une prétendue suspension du Cameroun de l’Union Africaine (UA), l’organisation continentale dont le siège se trouve à Addis-Abeba, en Éthiopie. « La République du Cameroun n’a jamais été suspendue de l’Union africaine », a soutenu le membre du gouvernement.
En effet, la polémique sur l’exclusion du Cameroun de l’UA pour non-paiement de sa contribution au titre de l’année en cours, a été soulevée à l’Assemblée nationale au cours d'une séance plénière le 28 novembre. Interpellé à ce sujet, le ministre des Finances Louis Paul Motaze a certes reconnu que le pays a accusé un retard de paiement mais a rassuré qu’à cette date, Yaoundé avait déjà réglé 73 % de sa contribution au sein de l’UA dont le pays reste un membre actif.
1 milliard FCFA déjà réglé
Dans sa correspondance, le Mindel au Minfi se veut un plus précis : au 8 octobre 2025, le solde restant dû par le Cameroun au titre de sa contribution pour l’exercice 2025 s’élevait à 2,803 millions de dollars (environ 1,55 milliard FCFA), selon une correspondance de l’UA à l’ambassade du Cameroun à Addis-Abeba. Il a ensuite ajouté que « conformément à la décision EX. CL/DC.1311 du Conseil exécutif de l’Union africaine, cette situation exposait temporairement notre pays (le Cameroun) à des sanctions préventives, lesquelles ne constituent, ni une suspension effective, ni une exclusion des instances de l’organisation ».
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Face à la mise en garde de l'Union africaine (UA), le ministère des Finances a procédé, en date du 10 novembre 2025, à l’émission de deux ordres de transfert au profit de l’UA pour un montant de 1,848 million de dollars (environ 1,052 milliard FCFA). Ces paiements immédiats ont « permis la levée instantanée des sanctions préventives ». Malgré cet effort, Yaoundé doit encore débloquer 955 639,01 dollars (environ 530,1 millions FCFA) pour honorer intégralement son engagement annuel vis-à-vis de l’UA.
Si le Cameroun ne court plus le risque d’« aucune sanction » de l'UA pour le moment, le retard de paiement met en lumière de réelles tensions de trésorerie. S'adressant aux députés fin novembre, Louis Paul Motaze, a reconnu que « nous croulons sous les frais de contribution que nous devons payer à certaines organisations internationales ». La preuve, depuis janvier 2025, le Cameroun a débloqué 8,3 milliards au titre de ses contributions pour ces OI, selon les chiffrés révélés le 26 novembre 2025 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute à l'Assemblée nationale.
Se retirer de 35 % des organisations internationales
Pour rationaliser ces dépenses, une équipe de travail interministérielle a été mise en place afin d'analyser la pertinence de chaque adhésion. La première ébauche de cette équipe propose que le Cameroun se retire de 35 % de ces organisations internationales. La raison, « nous nous sommes rendu compte que nous sommes membres de certaines organisations internationales dont personne ne se souvient de la date d’adhésion, ni de leur rôle exact, etc. (…) Je ne peux pas vous donner tous les noms, parce qu’il y en a certains qui sont extrêmement romantiques et dont nous ignorons la finalité », explique le Minfi avant d’ajouter que cette initiative vise à concentrer les ressources financières sur les organisations jugées véritablement importantes à l’instar de l’UA, l’OMS, l’UNICEF, etc.) et à alléger la pression sur la trésorerie nationale.
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