Il aura fallu plusieurs mois d’âpres négociations et pas moins de deux missions du Fonds monétaire international (FMI) depuis le début de l’année 2025 à Bangui, pour que le conseil d’administration de l’institution approuve un nouveau décaissement au profit de la République Centrafricaine. Hier mercredi, cette instance a autorisé le déblocage de 58 millions de dollars, soit un peu plus de 33,4 milliards FCFA d’aide vers le pays, dans le cadre des 3e et 4e revues des accords au titre de la facilité élargie de crédit sur lesquels les deux partenaires étaient en discussions depuis septembre 2024. Ce décaissement annoncé, qui représente plus du double des 25 millions de dollars autorisés l’année dernière, porte à 124 millions de dollars (71,4 milliards FCFA) le total de l’enveloppe déjà versée par l’institution de Bretton Woods au pays de Faustin Archange Touadera sur les 197 millions (plus de 113 milliards FCFA) attendus dans le cadre du programme signé avec le gouvernement en avril 2023 à la faveur du retour du FMI en RCA.
L’institution financière qui revoit à la hausse ses prévisions de croissance du PIB de la Centrafrique en 2025 (3% après 1,4% en 2024), avec une inflation qui devrait ralentir sur la deuxième partie de 2025 en rapport avec la légère baisse des prix des carburants à la pompe décidée par le gouvernement, dit espérer que ces ressources additionnelles vont aider le pays à répondre à ses besoins en termes de balance de paiements et maintenir ses dépenses dans les services publics de base, tels que la santé et l'éducation. Elle se montre globalement satisfait des efforts de redressement du pays et salut les progrès réalisés par le gouvernement « dans la numérisation de l'administration fiscale ainsi que l'amélioration de l'unité de renseignement financier et de la Cour des comptes ».
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Les autorités centrafricaines ont en effet réalisé quelques avancées dans certains domaines où le FMI les presse depuis septembre 2024 d’opérer des réformes, notamment en matière de digitalisation des finances publiques, grâce en particulier à l’adoption du système intégré d’information financière à la direction générale du trésor et dans les ministères sectoriels, y compris pour les dépenses par procédures dérogatoires.
En avril dernier, le pays a engagé son basculement officiel vers une utilisation généralisée du système de déclaration électronique de la direction générale des impôts et des domaines (e-Tax), après les douanes en 2024. Cette innovation vise à réduire les détournements et à augmenter parallèlement les recettes de l’Etat. Mais, le gouvernement n’a pas réalisé de progrès en ce qui concerne la réforme du marché des carburants, question qui a longtemps parasité les discussions avec leFMIi. Outre cette révision toujours attendue de la fiscalité pétrolière dont la contribution au budget de l’Etat s’est effondrée, passant d’environ 20-25% en 2020-2021 à 9% en 2024 selon l’institution de Bretton Woods, la RCA n’est pas encore parvenue à créer les conditions pour importer ses produits pétroliers via le fleuve Oubangui depuis le Congo voisin, afin de réduire les coûts d’importation desdits produits, condition sine qua none pour une baisse plus prononcée des prix à la pompe.
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La Centrafrique a cependant réalisé une avancée majeure avec le lancement, il y a environ deux semaines, d’un nouveau portail de données : la Page nationale récapitulative de données (PNRD). Il s’agit en effet de la mise en œuvre de l’une des principales recommandations du système général de diffusion des données amélioré (SGDD-a) du FMI portant sur la publication de données macroéconomiques et financières essentielles. Le SGDD-a représente le premier niveau des initiatives du Fonds monétaire international en matière de normalisation des données, qui favorisent la transparence en tant que bien public mondial et encouragent les pays à publier volontairement et en temps voulu les données nécessaires au suivi et à l’analyse des résultats économiques.

