A l’issue d’un Conseil d’administration tenu le 12 mars 2025 à Washington, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un décaissement de 73 milliards de Fcfa en faveur du Cameroun. Ce financement est le résultat de l’approbation de la 7eme Revue du programme économique et financier appuyé par la Facilité élargie de crédit et le Mécanisme élargi de crédit (FEC-Medc) en janvier dernier. Ce qui porte à 500 milliards de FCFA le montant dont le pays de Paul Biya a déjà bénéficié dans le cadre de ce programme paraphé avec le FMI depuis juillet 2021.
L'institution monétaire dirigée par Kristalina Georgieva a également approuvé la 2e Revue de l'accord soutenu par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), un instrument mis en place pour faire face aux changements climatiques et aux pandémies dont le Cameroun est vulnérable. L'accord de 18 mois au titre de la FRD a été approuvé en janvier 2024 pour un montant de 183,4 millions de dollars. C'est dire que le pays n'attend plus que le quitus du FMI pour débloquer les fonds.
Des défis persistants
Malgré l'accord de décaissement des fonds en faveur du Cameroun, le pays doit encore remplir de nombreuses exigences posées par le FMI qui a approuvé à fin janvier 2025, les programmes supra indiqués. Il s'agit en l'occurrence, d'achever les mesures prévues dans les programmes relatifs à la gouvernance dans le secteur des industries extractives, au climat des affaires, à la réforme des entreprises publiques et à la gestion des finances publiques. Le FMI a aussi insisté sur l'urgence de faire avancer «les travaux en suspens de longue date» sur le plan de restructuration de la la Société nationale de raffinage (Sonara) victime d'un violent incendie depuis fin mai 2019. A ces réformes viennent s'ajouter la révision de la loi de 2013 afin de rationaliser les incitations à l’investissement.
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Quasiment deux mois après, le FMI dresse une évolution mitigée. Le Fonds salue par exemple efforts déployés par les autorités en vue de renforcer la solidité du secteur financier et de faire progresser la recapitalisation des banques. Cependant, «afin de réduire les facteurs de vulnérabilité structurels, il convient d’approfondir le marché financier national et de travailler en étroite collaboration avec les institutions financières régionales», recommande le bailleur de fonds. Le prêteur multilatéral ne lâche pas la pression sur les pouvoirs publics de Yaoundé à qui il recommande de « faire progresser la restructuration de la raffinerie » en même temps qu'il préconise d'implémenter des réformes dans le secteur de l’électricité et dans d’autres entreprises publiques « afin de limiter les passifs éventuels et d’améliorer la qualité des services publics».
Pour sa part, le gouvernement camerounais, promet de continuer la mise en œuvre des résolutions issues de la Conférence des chefs d'État de la Cemac tenue à Yaoundé le 16 décembre 2024. « Le gouvernement camerounais réaffirme son engagement à poursuivre la transformation structurelle de l'économie et approfondir les réformes avec l'appui de l'ensemble des partenaires technique set financiers afin d'accélérer la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations », écrit Louis Paul Motaze dans son communiqué signé le 12 mars 2025.
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Pour mémoire, prévus pour s'achever en juillet 2024, ces accords ont bénéficié d'une prolongation de 12 mois (approuvée en décembre 2023). D’après le FMI, cette prorogation visait à donner plus de temps aux autorités pour mettre en œuvre les mesures et réformes, et l’accès aux ressources a été augmenté de 47,6 millions de dollars. Ils visent notamment à faire face à un besoin immédiat de renforcement la position extérieure du Cameroun et à soutenir les efforts de redressement des finances publiques.

