La valorisation des crédits carbones, une source de revenus que le Gabon veut capitaliser, tarde à être mise en œuvre à cause des administrations publiques qui ne coordonnent pas leurs actions. A en croire le ministère gabonais en charge de l’Environnement, cette situation a amené le ministre du secteur, Mays Mouissi, à réunir, le 03 juin à Libreville, plusieurs entités publiques impliquées dans la gestion des crédits carbone au Gabon. Il s’agit du Conseil National Climat (CNC) ; l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) ; l’Agence Gabonaise pour le Développement de l’Économie Verte (AGADEV) ; la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ; le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST) ; le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS) ; l’Agence Gabonaise d’Études et d’Observations Spatiales (AGEOS).
« Cette réunion a mis en lumière un déficit de coordination entre les entités publiques engagées dans la valorisation des crédits carbone au Gabon. La gouvernance actuelle, marquée par une certaine complexité, engendre des redondances tant au niveau des actions que des compétences, compliquant l’identification d’un interlocuteur unique auprès des partenaires techniques et financiers », apprend-on.
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Pour répondre à ces enjeux, Mays Mouissi a alors proposé la création d’un mécanisme de coordination à deux niveaux : un comité exécutif composé des responsables des entités concernées, et un comité technique regroupant des points focaux désignés. Ces comités auront pour mission de clarifier les rôles de chaque entité, d'assurer un partage régulier des informations et de suivre les initiatives en cours. A terme, cette dynamique vise à poser les bases d’une gouvernance plus cohérente, efficace et structurée de la politique nationale de valorisation des crédits carbone.
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Ça fait des années que le Gabon veut augmenter la valeur de ses crédits carbone. Le pays est à la recherche de partenaires techniques et financiers. Mais il faut un interlocuteur qui va coordonner cette recherche de partenariats. Plusieurs entreprises internationales ont déjà été consultées à cet effet sans succès. La dernière en date est la multinationale « Carbon Solutions South Africa Elle s’est fait inviter à Libreville le 19 juin 2024 pour présenter son offre à l’ex-ministre des Comptes publics, Charles Mba. Paul Sébastien, le Directeur exécutif de cette entreprise avait alors indiqué à l’ancien membre du gouvernement qu’il serait rentable d’instaurer « une taxe sur les principales unités industrielles pollueuses à l'instar du matériel naviguant, des industries métallurgique et sidérurgique ». Ce qui permettrait au Gabon de développer son économie par le biais de ce segment de l'environnement. Depuis lors, silence radio.
Le Gabon séquestre annuellement l’équivalent de 140 millions de tonnes de dioxyde de carbone, alors qu’il n’en émet que 35 millions. Ainsi, fort d’une différence de plus de 100 millions de tonnes de carbone chaque année (c’est 1/3 des émissions françaises, ¼ des émissions de la Grande-Bretagne qui sont séquestrées par la forêt gabonaise : Ndlr), le Gabon peut vendre son crédit carbone à un pays ou organisme plus pollueur. C’est ainsi que le pays a vu ses efforts récompensés en juin 2021 par la Norvège qui a décidé de lui octroyer un financement de 17 millions de dollars (environ 9,6 milliards de Fcfa) pour son engagement en faveur de la protection de ses forêts. Cette enveloppe est la contrepartie du carbone supplémentaire séquestré entre 2016 et 2017, grâce aux mesures mises en œuvre au Gabon dans le but de lutter contre la déforestation.

