Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’Etat gabonais, a annoncé la mise en place d’une « Caisse autonome d’amortissement ». C’était à l’occasion d’une audience qu’il a accordée le 25 mars à Libreville, aux délégations de l’Agence française de développement (AFD), BGFI Bank, Banque Mondiale, Banque africaine de développement (BAD), Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et la Banque Islamique, entre autres.
« Cette structure aura pour mission d’élaborer la politique d’endettement du pays, de rechercher, étudier et négocier les financements extérieurs et intérieurs de l’État, de participer au marché monétaire et financier et garantir le remboursement à bonne date de chaque échéance », apprend-on de la présidence de la République.
Pour comprendre ce projet de mise en place de Caisse autonome d’amortissement, il faut noter que le Gabon a eu maille à partir récemment avec la Banque mondiale qui a suspendu ses financements du fait du non-règlement de sa dette. Pis, il n’y a pas une structure proprement dédiée à la gestion de ma dette du pays.
L’une des conséquences de cette situation est qu’en janvier dernier, six mois après qu’elle a levé sa suspension de financements, la Banque mondiale a de nouveau coupé ses décaissements au bénéfice du Gabon pour insolvabilité. Dans un communiqué publié le 13 janvier 2025, le ministère gabonais des Comptes publics faisait la révélation suivante : « La Banque mondiale a mis en œuvre la suspension de ses décaissements en faveur du Gabon en raison d’arriérés de dettes établis au 10 janvier 2025 à la somme de 17 milliards de FCFA ».
Cette situation « ponctuelle », avait expliqué le ministère, tenait à plusieurs facteurs : l’insuffisante mobilisation sur le marché international de ressources prévues dans la loi de finances ; la prise en charge volontariste de mesures sociales additionnelles fortes particulièrement attendu de longues dates par les populations ; l’affection circonstancielle de ressources importantes à des opérations stratégiques pour le pays.
Engagements
Néanmoins, avait affirmé le ministère des Comptes publics, l’Etat gabonais s’est engagé à mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires « pour apurer dans les meilleurs délais, les arriérés en question ». À preuve, avait souligné le ministère, à fin novembre 2024, l'État des paiements de la dette publique du Gabon était de 1 210 milliards de FCFA.
D’après les chiffres officiels, du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, les remboursements de la dette publique conventionnée (sous la gestion de la Direction Générale de la Dette) ont représenté 857,92 milliards de Fcfa, dont 616,87 milliards de FCFA en capital et 241,05 milliards de FCFA d’intérêts. Sur la même période, les tirages (décaissements d’emprunts) ont représenté 453,92 milliards de FCFA. Il en résulte que du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, le désendettement net de l’État a représenté 162,95 milliards de FCFA. Au 31 mai 2024, l'encours de la dette publique conventionnée de l’État était de 6 988,87 milliards de FCFA.
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À fin 2024, le portefeuille de la Banque mondiale au Gabon compte trois projets actifs pour un montant total de 214 50 millions de dollars (129,8 milliards de FCFA). Le portefeuille courant des engagements de la Société financière internationale (IFC) s’élève à 111.3 millions de dollars (68,3 milliards de FCFA) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga) appuie trois projets d'un encours brut total de 118.1 millions de dollars (71,4 milliards de FCFA). Soit un total d’actifs de 269,5 milliards de FCFA.
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