Le Gabon veut porter la contribution du secteur minier à 25 % du PIB d’ici 2030, contre 6 % actuellement. Cette ambition a été dévoilée mardi 27 janvier 2026 par Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques, lors de la présentation du programme de pré-investissements 2026-2030. « Notre feuille de route 2026 est fondée sur la transparence, la rapidité à produire des réponses réglementaires et un engagement ferme envers la transformation locale, à travers une très forte création de valeur pour les investisseurs ainsi que pour les communautés locales », a-t-il déclaré.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur trois mesures prioritaires. D’abord, l’interdiction d’exporter du manganèse brut à partir de 2029, afin d’accélérer la transformation locale en silico-manganèse et ferro-manganèse. Deuxième producteur mondial derrière l’Afrique du Sud, le Gabon produit environ 10 millions de tonnes par an, selon un récent rapport de la BEAC. Pourtant, moins de 1 % de ce volume est transformé localement, via le Complexe minier de Moanda (CMM), unique unité pilotée par Comilog, filiale du groupe français Eramet.
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Ensuite, l’État prévoit d’accélérer les projets de fer dits « de classe mondiale », notamment Belinga, Milingui et Baniaka. Selon les autorités, cela suppose une modernisation massive du Transgabonais, la construction de nouvelles lignes ferroviaires, ainsi que la mise en place d’un port en eau profonde à Muyumba.
Enfin, Libreville veut renforcer la formalisation de l’or gabonais. La feuille de route ministérielle met l’accent sur l’exploration et l’encadrement de l’activité artisanale dans des zones comme Koumba, Eteke et Minkébé, au Centre et à l’Est du pays, avec pour objectif d’améliorer le raffinage et la traçabilité des recettes.
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Pour concrétiser ce plan, le gouvernement veut aussi renforcer le rôle de la Société équatoriale des mines (SEM). L’entreprise publique pourrait évoluer d’un simple rôle de collecte de métaux précieux (or, diamant) vers celui d’opérateur de gisements stratégiques. Une note du ministère des Mines indique que la SEM pourrait viser un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars d’ici 2030, soit plus de 600 milliards FCFA.
Selon la Loi de finances 2026, le budget alloué au ministère des Mines a par ailleurs été relevé de 1 390 %, pour atteindre 68,12 milliards FCFA, notamment pour financer la modernisation des infrastructures et la recherche de nouveaux gisements.

