Au Gabon, le gouvernement annonce la création imminente de nouveaux postes d’emplois dans les métiers des mines. A Mounana, localité du Haut-Ogooué dans l’Est du pays, Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques, en visite de chantier le 23 janvier 2026, a indiqué que la future usine de transformation de manganèse portée par Nouvelle Gabon Mining, filiale de l’indien Coalsale, devrait générer 300 à 400 emplois directs, « prioritairement au bénéfice des nationaux », saluant « l’exécution fidèle de la vision industrielle du Chef de l’État ».
Les travaux d’ancrage des infrastructures sont en cours sur le site. Selon le ministère des Mines, l’unité en construction comptera quatre fours industriels, des zones de stockage et une capacité de traitement comprise entre 70 000 et 80 000 tonnes par cycle, pour une production annuelle cible d’environ 300 000 tonnes de manganèse transformé. Le projet s’inscrit dans la stratégie de transformation locale des ressources minières, visant à rompre avec l’exportation brute et à renforcer la chaîne de valeur industrielle. « Ce projet illustre concrètement la politique de souveraineté économique prônée par le Président de la République », a déclaré Sosthène Nguema Nguema, soulignant le respect des délais et des engagements en matière d’emploi et de formation.
Lire aussi : Manganèse gabonais : Oligui Nguema veut couper l’herbe sous le pied d’Eramet
De manière concrète, les emplois annoncés couvrent un large spectre des métiers miniers et industriels, notamment opérateurs de fours, techniciens de maintenance, conducteurs d’engins, géologues de production, ingénieurs miniers et métallurgistes, logisticiens, agents HSE, électriciens industriels et superviseurs de site. Alors que Libreville poursuit le renforcement de ses effectifs publics dans ce secteur avec 100 profils récemment retenus pour une intégration à la Fonction publique, dans les spécialités de la géologie, de l’ingénierie minière, du droit, de l’informatique et de l’économie, des besoins ont été identifiés en logistique minière, fiscalité et droit miniers, gestion de projets, analyse financière, big data, intelligence artificielle, génie des matériaux et métallurgie.
Cette dynamique intervient dans un contexte de chômage structurel élevé au Gabon, estimé à près de 20 % de la population active et autour de 40 % chez les jeunes, selon les données de la Banque mondiale et de Trading Economics. Producteur d’environ 2 millions de tonnes de manganèse brut par an, Nouvelle Gabon Mining reste loin des 6,5 millions de tonnes d’Eramet, qui exploite également l’unique complexe métallurgique du pays à Moanda. Le développement de l’usine de Mounana s’inscrit dans la perspective de l’interdiction des exportations de minerai brut à partir de janvier 2029, alors que le Gabon, premier producteur de manganèse de la CEMAC et deuxième mondial derrière l’Afrique du Sud, ne transforme encore moins de 1 % de sa production globale.
Lire aussi : Gabon : l'Indien Coalsale veut construire une unité de transformation de manganèse de 70 000 tonnes/an



