Le gouvernement gabonais accélère son ambitieux objectif de transformer localement 100 % du manganèse extrait sur son territoire d'ici 2029. Dans ce contexte, le géant indien Coalsale Group, via sa filiale locale Nouvelle Gabon Mining (NGM) – qui produit déjà 2 millions de tonnes de minerai de manganèse brut par an depuis ses sites d'extraction de Franceville et Okondja – annonce un projet majeur : la mise en place d'une unité de transformation de 70 000 tonnes d'alliages de manganèse. Selon un communiqué du Ministère des Mines et des Ressources Géologiques du 26 juin 2025, « Tout est mis en œuvre pour viser la transformation intégrale du manganèse d’ici 2029 », confirmant ainsi la vision stratégique du Président de la République.
Une seconde unité après le CMM d’Eramet
Bien que cette nouvelle unité ne couvrira pas toute la production de minerai brut de NGM, son annonce marque une étape clé pour le Gabon. Elle devrait représenter, après le Complexe Métallurgique de Moanda (CMM) de Comilog (filiale du groupe français Eramet), la deuxième usine de transformation d'alliages de manganèse à être établie sur le territoire gabonais. Les détails financiers de ce projet restent confidentiels.
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Cependant, l'unité de NGM, avec sa capacité de 70 000 tonnes d'alliages de manganèse, viendra compléter les capacités du CMM. Ce dernier est actuellement doté de deux fours électriques produisant 65 000 tonnes de silico-manganèse par an (à 65% de manganèse), ainsi qu'une Usine d'Hydrométallurgie qui fabrique 20 000 tonnes de manganèse métal par an (à 99,7% de pureté). Ensemble, ces installations renforceront significativement la chaîne de valeur locale.
Collaboration accrue avec Eramet
Parallèlement à l'engagement de NGM, le ministre Gilles Nembe a récemment intensifié ses échanges avec Paulo Castellari, le nouveau Directeur Général du groupe Eramet. L'objectif : discuter de l'ambition gabonaise de concentrer l'intégralité de la transformation du manganèse produit par le géant minier dans le pays. Ces discussions ont abouti à la création d'un groupe de travail commun entre l'État gabonais et Eramet, entièrement dédié à cette transformation locale. Cette démarche illustre une pression croissante et stratégique des autorités gabonaises, visant à inciter les opérateurs miniers – notamment les investissements directs étrangers – à investir massivement dans l'industrialisation sur le sol gabonais.
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Rappelons que cette dynamique s'inscrit dans la continuité de l'annonce présidentielle du 30 mai 2025 interdisant l'exportation de manganèse brut dès 2029. Le Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse, cherche ainsi à ne plus être un simple exportateur de matières premières, mais un acteur industriel à part entière, capable de valoriser ses richesses sur son territoire. Ce virage stratégique intervient également alors qu'Eramet fait face, depuis 2023, à des défis logistiques au Gabon, rendant la collaboration et l'adaptation des opérateurs d'autant plus cruciales.

