Le Tchad a décidé de suspendre les droits et taxes à l’importation sur plusieurs denrées alimentaires de base jusqu’au 31 décembre 2026. La mesure est actée par un arrêté signé ce 17 février 2026 par le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie et du Plan, avec effet immédiat. Elle concerne notamment le froment, le maïs, le sorgho, le riz, les farines de céréales, les semoules et le sel. Selon l’arrêté, cette exonération s’applique à l’ensemble des droits et taxes normalement exigibles à l’entrée sur le territoire. Le texte précise qu’il « abroge toutes dispositions antérieures contraires », traduisant la volonté des autorités d’agir rapidement sur les coûts d’approvisionnement des produits de première nécessité.
Lire aussi : Œufs, bananes, blé… : le Tchad impose une taxe de 5 % à l’importation dans la CEMAC
Cette décision intervient dans un contexte de forte dégradation de la sécurité alimentaire au Tchad. D’après l’Office de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 2,4 millions de personnes, soit 14 % de la population, étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë en décembre 2024, en hausse de 400 000 personnes sur un an. La situation est aggravée par l’afflux de plus d’un million de réfugiés soudanais, qui « exerce une pression supplémentaire sur les ressources locales et affecte gravement les communautés hôtes déjà vulnérables », souligne l’OCHA dans son rapport publié le 13 janvier.
Lire aussi : Tchad : le gouvernement prépare une taxe de 30% sur les produits éclaircissants
Dans ce contexte, la demande en céréales importées devrait continuer à croître. Selon la FAO, les importations céréalières du Tchad ont déjà progressé de 8 % en 2024, atteignant 236 000 tonnes. En suspendant temporairement les taxes sur les denrées essentielles, le gouvernement tchadien entend freiner la flambée des prix sur le marché intérieur et améliorer l’accès à l’alimentation, dans l’attente de la mise en place de mesures structurelles supplémentaires pour renforcer la production locale.
Lire aussi : Tchad : l’Etat veut supprimer la taxe sur les transferts d’argent pour dynamiser le mobile money dès 2026

