Nommé à la tête des Caisses Mutuelles de Centrafrique (CMCA) le 26 juin dernier par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) en qualité d’administrateur provisoire, Jacob Mbaïtadjim, s’est exprimé pour la première fois publiquement sur la situation de cet établissement de microfinances le 10 juillet. Le fondateur du cabinet JMB & Partners spécialisé dans les études de marché et les sondages et ancien ministre chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale de la République centrafricaine, ce juriste chevronné a pour mission de faire un diagnostic de cette structure qui ne s’est jamais remise des pillages qu’elle a subis et du saccage de ses infrastructures pendant la guerre civile qui a éclaté en Centrafrique consécutivement à la chute de François Bozizé en 2013 et proposer un plan de redressement, ou à défaut un plan de liquidation s’il ne parvenait pas à rétablir les conditions normales d’exploitation de cet EMF de premier degré placé sous administration provisoire à la demande de l’autorité monétaire. « Le peu de temps que j’ai mis ici me permet de comprendre que les difficultés sont grandes, mais je suis convaincu qu’avec l’aide des autorités centrafricaines et de la COBAC, nous allons y trouver des solutions. Je remercie beaucoup tous les clients qui sont restés fidèles. Ils sont plus de 32000 aujourd’hui », explique Jacob Mbaïtadjim.
L’établissement compte donc 24000 adhérents en moins par rapport aux 56000 salariés, commerçants et prestataires de services qui composaient son portefeuille en 2023. L’administrateur provisoire désigné par la COBAC est appelé, entre autres chantiers immédiats, à pister les créances en souffrance de l’établissement qui s’élèvement quelques 3 milliards Fcfa selon ses premières estimations. « On va faire le point et la première démarche que nous entendons mettre en place c’est de contacter individuellement les débiteurs. Nous avons mis en place un comité de recouvrement qui va s’en charger. Je conseille à tous ceux qui doivent ne serait-ce que 5 Fcfa de venir nous voir, car, quand cette démarche ne va pas aboutir, nous utiliserons la force », avise l’administrateur provisoire. En clair, Jacob Mbaïtadjim va procéder à des recouvrements forcés auprès des débiteurs qui, pour beaucoup, ne sont plus clients des Caisses mutuelles de Centrafrique qui cumulent plusieurs années de déficit.
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Anciennement appelées Crédit mutuel de Centrafrique, les CMCA sont un projet de coopératives d’épargne et de crédit mis en œuvre par le Centre international du crédit mutuel (CICM) dans les pays en développement francophones. Au départ il était financé par la Caisse française de développement (CFD), actuelle Agence française de développement (AFD). Les activités administratives de cette structure ont débuté le 1er mars 1993 et les premières caisses seront ouvertes à compter du 7 février 1994. Sa mise sur pied visait l’accélération de la bancarisation de la population en grande majorité exclue du système financier traditionnel. Après les crises politico-militaires que le pays que le pays a connu au début des années 2000, le principal bailleur de fonds, l’Agence française de développement, en l’occurrence, s’était retiré. Ce retrait va occasionner la restructuration de l’administration des caisses. A la demande des élus et des salariés, et conscient de l’importance économique et sociale du réseau, le CICM a poursuivi son appui et maintenu l’assistance technique sur ses propres fonds.
La première dizaine de caisses créées remonte à 1994, le développement de ce réseau de Caisses a été vite contrarié par les événements politiques de 1996, 1998, 2003 et 2013. Les récurrents conflits militaro-politiques que connait le pays ont affecté de manières significatives les activités des CMCA, entrainant plusieurs années de déficit. Les pertes lourdes directes subies, l’absence de sécurité, l’augmentation des contentieux et l’instabilité ont conduit les CMCA à mettre en place une politique de crise : fermeture des caisses non rentables, notamment en province, et recentrage de l’activité sur Bangui. Les CMCA constituent un réseau avec un nombre total de 7 caisses locales et 3 points de ventes. Le capital des Caisses Locales est constitué des parts sociales souscrites dès l’adhésion par les sociétaires. Les Points de vente sont des extensions commerciales des Caisses Locales et constituent avec elles une seule entité. Chaque Caisse Locale est dotée d’un Conseil d’Administration.

