La compagnie minière australienne Lion Rock Minerals (LRM) a porté ses dépenses d'exploration et d'évaluation cumulées au Cameroun à 6,65 millions de dollars australiens (environ 3,3 milliards de FCFA) au terme de son exercice annuel clos le 30 juin 2026, contre 1,67 million de dollars australiens un an plus tôt, selon son rapport financier annuel publié le 24 septembre à la Bourse de Sydney (ASX).
Cette progression de 297 % confirme le recentrage stratégique de l'entreprise sur l'Afrique centrale. Le Cameroun concentre désormais 95,7 % des actifs d'exploration du groupe, évalués au total à 6,94 millions de dollars australiens au 30 juin 2026, contre 87 % lors de l'exercice précédent. Le reste du portefeuille est constitué de projets situés dans l'Ouest et le Sud-Est de l'Australie.
Priorité au rutile et aux terres rares à Minta
L'essentiel des capitaux a été injecté dans le projet polymétallique de Minta, situé dans la région du Centre du Cameroun, dont LRM détient 80 % des parts aux côtés de partenaires locaux via trois filiales (Minta Resources, AFM et Rafia Mining). Selon le rapport de la direction, la société est passée au cours de l'exercice d'une phase de « reconnaissance à large maille » à des « forages ciblés de resserrement et de définition des ressources » sur plusieurs domaines prioritaires, totalisant plus de 3 300 mètres forés sur le site.
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LRM indique que le projet Minta offre une exposition potentielle à « au moins 12 des 60 minéraux de la liste 2025 des minéraux critiques des États-Unis ». En tête figure le rutile (dioxyde de titane), un minerai stratégique prisé par les industries aéronautique, spatiale et de la défense pour sa résistance extrême et sa légèreté, mais aussi utilisé dans la fabrication de pigments haute performance et de composants pour la transition énergétique. Il s'accompagne de terres rares stratégiques (néodyme, praséodyme, dysprosium, terbium), indispensables à la fabrication des aimants permanents pour moteurs d'automobiles électriques et éoliennes, ainsi que de zirconium et de monazite.
Sur le plan de la transformation locale, ces fonds ont également financé la construction et la mise en service d'un laboratoire d'analyse minéralogique dédié à Yaoundé afin de réduire les délais de traitement des échantillons avant leur expédition vers des laboratoires internationaux accrédités.
Permis d'uranium toujours en attente d'attribution
Outre l'axe titane-terres rares de Minta, LRM confirme poursuivre ses démarches pour l'obtention de six permis d'exploration uranifère sur les projets de Kitongo (2 200 km² dans l'Adamaoua) et Lolo (240 km² dans le Sud).
La direction précise que ces six demandes de permis « restent en attente d'attribution » par les autorités camerounaises. Les travaux récents se sont limités au reconditionnement des données historiques avec un expert technique international en vue de préparer de futures campagnes de confirmation dès l'octroi formel des titres miniers.
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