Dans une récente interview publiée le 28 août, le nouveau directeur général de Lion Rock, Theuns de Bruyn, a déclaré que la société prépare deux évaluations des ressources sur le projet minier de Minta, situé dans la région du Centre du Cameroun. L'une portera sur le rutile et l'autre sur la monazite, des minerais essentiels pour la transition énergétique mondiale, l'industrie aéronautique, la défense et l'automobile. « Nous envisageons deux EROM (estimations des ressources minérales), une pour la partie rutile et une autre pour la zone de monazite. Il y a aussi du zircon de très bonne qualité dans cette zone », a affirmé le dirigeant. Ces deux documents stratégiques sont attendus d'ici 12 à 18 mois.
Theuns de Bruyn explique ce choix stratégique par la prédominance de ces deux minerais par rapport aux autres variétés de terres rares identifiées sur le site. Cette décision est également motivée par la demande des investisseurs et par la dynamique des prix sur le marché international. Selon le dirigeant, si les cours du rutile sont stables depuis plus d’un an, ceux de la monazite se sont nettement appréciés. Il souligne par ailleurs que le partenaire américain du projet, Tronox — détenteur de 5,6 % du capital de la junior minière —, a publiquement identifié Minta comme un potentiel fournisseur de matières premières pour sa future usine de terres rares, un investissement évalué à 600 millions de dollars.
Un potentiel géologique d'envergure mondiale
Sur le terrain, les campagnes d'exploration successives sur le projet Minta ont livré des résultats jugés très prometteurs. En juillet 2026, les données de Lion Rock ont confirmé l'émergence d'une province de rutile et de terres rares d'envergure mondiale sur ses concessions camerounaises, qui couvrent au total plus de 8 000 km².
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Cette perspective est portée par la délimitation d'un corridor rutilifère de 130 km² entre Mboma et Loum. Dans cette zone, les assemblages atteignent jusqu'à 72,7 % de minéraux lourds, avec des pépites naturelles de dioxyde de titane (TiO2) d'une pureté dépassant les 98 %. Conjointement, la découverte de la cible « Minta 1 » affiche des teneurs in situ de 1,74 %. En parallèle, la campagne menée sur les cibles alluviales de « Minta Est » a mis en évidence un système riche en monazite. Celui-ci se caractérise par des interceptions significatives (notamment 2,0 mètres à 3,3 %) et des concentrations historiques de terres rares pouvant atteindre 22,5 % de néodyme-praséodyme (NdPr).
Une valorisation dictée par le marché
Une analyse structurée du marché révèle des offres de prix distinctes pour le rutile industriel et gemmologique. Selon les données d'Accio.com, plateforme spécialisée dans les minéraux critiques et les terres rares, les différentes variétés de rutile déclarées par Lion Rock sur le projet Minta s'échangent aux tarifs suivants : environ 1 870 dollars la tonne pour le sable de rutile (90-95 %), entre 1 000 et 1 300 dollars pour le minerai de titane (95 %), et de 1 050 à 1 580 dollars pour le dioxyde de titane (TiO2), utilisé dans les peintures, plastiques et cosmétiques. Le rutile noir naturel avec quartz se négocie quant à lui entre 0,20 et 0,28 dollar le gramme.
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En parallèle, la monazite, un minéral phosphaté rare principalement composé de cérium, de lanthane et de thorium, suscite une attention considérable sur le marché mondial en raison de sa forte teneur en éléments de terres rares (REE). Ses applications varient selon le type de produit (sable, minerai, concentré) et ciblent de multiples secteurs finaux tels que l'énergie nucléaire et renouvelable, l'électronique, la céramique, la métallurgie, l'automobile ou encore l'aérospatiale.
Les prix, bien que variables selon la pureté, s'échangent à des niveaux soutenus autour de 41 000 à 45 000 yuans, soit environ 5 700 à 6 250 dollars la tonne. Mécaniquement, ces minerais affichent une valeur marchande nettement supérieure à celle de la bauxite — dont les cours plafonnent autour de 102 dollars la tonne métrique sèche — du fer ou du manganèse.
Ce potentiel minéralogique stratégique expliquerait l'appétit croissant des intérêts américains pour le projet Minta. À ce titre, Washington et le gouvernement camerounais préparent actuellement une première évaluation conjointe sur le site, dont la tenue est annoncée pour le mois de novembre prochain.












