Africa Critical Minerals Corporation (ACMC), société américaine fondée par les frères camerounais Kingsley et Elias Pungong et par Carrie Clark, a signé, le 26 octobre 2026, un protocole d’accord avec Scepter Inc., entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée aux ressources naturelles. L’accord prévoit le recours à ScepterAir, plateforme de fusion de données satellitaires, aériennes et géologiques de Scepter, pour identifier et hiérarchiser des projets africains de minéraux critiques. « Notre objectif est de constituer un portefeuille de projets de minéraux critiques en Afrique qui créent une valeur durable là où nous travaillons », a déclaré Elias Pungong, président de l’ACMC. Philip Father, fondateur et directeur général de Scepter, ambitionne de « raccourcir le chemin de l’identification des minéraux au développement et à la commercialisation ».
Selon le communiqué conjoint, l’opération vise à mobiliser des technologies, des capitaux et une expertise américains au service du développement minier en Afrique, afin de sécuriser une chaîne d’approvisionnement. L’ACMC entend notamment recourir à des partenariats public-privé pour financer les études techniques et de faisabilité, ainsi que les infrastructures nécessaires pour attirer des capitaux privés. Carrie Clark, cofondatrice et directrice des opérations de l’ACMC, estime que la technologie de Scepter, déjà utilisée pour la surveillance du méthane avec ExxonMobil, peut « réduire les risques des opportunités en phase initiale et ouvrir la porte au capital américain ».
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Au Cameroun, le parcours minier d’Elias Pungong remonte aux permis de cobalt-nickel et de substances connexes attribués à Lion Resources dans la région de l’Est. Le rapport ITIE du Cameroun sur l’exercice 2018, publié en juin 2021, le mentionne comme bénéficiaire réel associé à plusieurs permis de cette société, dont Mbang (499 km²), Mpouop II (141 km²), Mindourou 6 (357 km²) et Mbang II (499 km²). Le même rapport recense aussi des permis de cobalt-nickel attribués à Cameroon Cobalt Limited, dont Mindourou I (332 km²) et Mindourou III (449 km²). Dans la région du Centre, des permis de rutile et de substances connexes sont par ailleurs associés à Archidona Minerales SA : Memvouga, Simban, Nkobiba et Wassa Baboute. Ces données historiques documentent la présence de Pungong dans les permis miniers camerounais portant sur des minéraux critiques.
Selon une source proche du dossier, Pungong a également joué un rôle dans la constitution du portefeuille minier repris en octobre 2024 par Peak Minerals, devenue Lion Rock Minerals (LRM) en août 2025. Le rapport annuel de LRM confirme l’acquisition de 80 % de Minta Resources, African Future Minerals et Rafia Mining, des sociétés liées à Elias Pungong. Ce portefeuille comprend le projet Minta, qui cible notamment le rutile, le zircon, l’or et les terres rares, ainsi que les projets uranifères de Kitongo et Lolo. Selon les données publiées par LRM, Minta compte 18 permis de recherche attribués et trois demandes en cours, sur environ 8 800 km², tandis que Kitongo et Lolo couvrent environ 2 400 km².
Tusker Minerals, anciennement DY6 Metals et également proche d’Elias Pungong, développe de son côté au Cameroun les projets Central Rutile et Douala Basin, ce dernier couvrant 2 580 km². Au Malawi, le portefeuille de Tusker a notamment inclus les projets de terres rares de Machinga, Salambidwe et Tundulu. Le 17 avril 2026, la société a annoncé la cession de Tundulu à AuKing Mining pour une contrepartie pouvant atteindre 5,55 millions de dollars australiens. Pour l’ACMC et Scepter, l’enjeu sera désormais de convertir le ciblage assisté par IA en découvertes validées sur le terrain, puis en projets capables d’attirer des financements et de progresser vers l’exploitation commerciale.
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