Le Cameroun, première économie de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a engagé des pourparlers avec l’agence de notation financière Bloomfield Investment Corporation de l’Ivoirien Stanislas Zeze. Une démarche non encore concrétisée, mais qui suggère la volonté du pays de s’ouvrir à une expertise africaine dans la gestion de sa stratégie de financement sur le marché régional des titres publics.
C’est à l’occasion d’un colloque financier tenu le 10 avril à Yaoundé que Dr Eloi Tigribe, sous-directeur du plan de trésorerie au ministère des Finances, a évoqué ces discussions en cours. L’idée : enrichir la réflexion sur la notation souveraine du Cameroun, dans un contexte de concurrence accrue sur le marché régional des capitaux. Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un projet imminent, mais bien d’un jalon stratégique qui pourrait orienter à long terme les choix du pays en matière de notations financières. De fait, comme l’a souligné le responsable du Minfi, Bloomfield n’a pas de poids direct sur le marché domestique, mais son avis peut devenir pertinent pour des investisseurs basés dans l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) ou dans d’autres zones d’intégration africaines, sensibles à l’évaluation d’agences locales.
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Fondée en 2007 et basée à Abidjan, Bloomfield Investment Corporation se positionne comme la première agence de notation financière d’Afrique francophone. Avec plus de 2 000 notations délivrées à des États, entreprises et institutions financières, elle s’est imposée comme une alternative crédible aux grandes agences anglo-saxonnes. Outre l’analyse du risque de crédit, ses interventions couvrent la recherche économique, les séminaires de formation, la veille stratégique et la publication de rapports spécialisés. Bien que son opinion ne soit pas déterminante pour les émissions actuelles du Cameroun sur le marché domestique des titres publics (piloté par la BEAC), elle pourrait renforcer la visibilité et la compréhension du risque camerounais auprès de prêteurs africains hors CEMAC.
Dans un environnement marqué par les critiques croissantes à l’encontre des grandes agences internationales comme Moody’s, Fitch ou Standard & Poor’s, accusées de surévaluer le risque africain, ce geste d’ouverture à Bloomfield revêt une portée symbolique. Il suggère une volonté, à terme, de s’appuyer davantage sur des institutions africaines dans la construction de la signature financière du pays. Ce positionnement entre également en résonance avec le lancement prévu, au second semestre 2025, de l’Agence africaine de notation du crédit (AfCRA), projet porté par l’Union africaine pour renforcer la souveraineté financière du continent.
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