Le Cameroun exige des futurs exploitants des six blocs pétroliers mis en promotion une contribution annuelle minimale de 250 000 dollars, soit environ 151,6 millions de FCFA, pour la formation professionnelle de ses ressortissants pendant les phases de développement et d’exploitation. Selon les termes contractuels publiés par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt lancé le 12 octobre 2026, « le budget formation minimum » est fixé à « USD 100 000 par an durant la Phase d’Exploration, et USD 250 000 par an durant les phases de Développement/Exploitation (uniquement supporté par le soumissionnaire) ».
Concrètement, les entreprises candidates devront intégrer ces contributions à leurs engagements financiers si leurs offres sont retenues. Les contributions sont collectées par la SNH-Mandat et suivies dans une comptabilité séparée. Selon le mécanisme de gestion budgétaire décrit pour le secteur, ces ressources sont ensuite englobées dans la dotation annuelle forfaitaire globale transférée par la SNH au Trésor public. Cette exigence s’inscrit dans le dispositif de contenu local prévu par la loi n° 2019/008 du 25 avril 2019 portant Code pétrolier et son décret d’application n° 2023/232 du 4 mai 2023. Ces textes prévoient notamment l’intégration, dans les contrats pétroliers, de programmes de formation technique et professionnelle destinés aux Camerounais, ainsi que des mesures favorisant le transfert de technologies et le développement des capacités des entreprises locales. Les six blocs concernés couvrent au total environ 17 173 km². Ndian River et Bakassi se situent dans le bassin de Rio del Rey, dans la zone du Sud-Ouest, tandis que Kombe-Nsepe et Bomono relèvent du bassin de Douala/Kribi-Campo. Zina et Makary sont, pour leur part, situés dans le bassin du Logone Birni, dans le nord du pays.
Cette exigence de financement de la formation n’est pas nouvelle dans le secteur pétrolier camerounais. Les mêmes seuils minimaux figuraient déjà dans l’appel lancé en 2025 pour neuf blocs, à l’issue duquel cinq ont été attribués à Octavia Energy Corporation Limited, pour le bloc Bolongo Exploration, et à Murphy West Africa Ltd, pour les blocs Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. Le maintien de ces montants dans la nouvelle campagne prolonge ainsi les exigences financières imposées aux opérateurs en matière de développement des compétences nationales.
En 2023, la SNH a recouvré 750 000 dollars, soit 454,93 millions de FCFA, au titre des contributions à la formation professionnelle versées par Perenco CAM, Perenco RDR et Chevron, selon le rapport ITIE. Pour les six blocs actuellement proposés aux investisseurs, les contributions minimales représenteraient, si tous étaient attribués, 600 000 dollars par an pendant l'exploration, soit environ 364 millions de FCFA. Si les six projets atteignaient simultanément la phase de développement ou d'exploitation, ce montant passerait à au moins 1,5 million de dollars par an, l'équivalent de 910 millions de FCFA, près du double des sommes recouvrées en 2023. Un scénario qui reste toutefois subordonné à l'attribution des blocs et à l'avancement effectif des projets.












