L’Africa Energy Bank (AEB), ou Banque africaine de l’énergie, a officiellement vu le jour le 31 octobre 2026, à l’issue de son assemblée inaugurale tenue à Abuja, au Nigeria. Annoncée l’an dernier, l’initiative est portée par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO). Cette dernière regroupe 18 pays, dont les cinq producteurs de la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) : le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale.
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Lors de cette assemblée, l’Égyptien Helmy Ghazi a été désigné premier président de la Banque, et le premier conseil d’administration a été constitué. Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars US (environ 2 928 milliards FCFA), l’AEB financera, selon Afreximbank, des projets sur toute la chaîne de valeur énergétique : exploration et production, transport, transformation, raffinage et distribution. L’objectif : renforcer les capacités de production, réduire la dépendance aux produits pétroliers importés et encourager le commerce intra-africain de l’énergie. Son mandat prévoit aussi de favoriser une forte participation africaine dans le secteur, pour que l’avenir énergétique du continent soit façonné par des Africains. Concrètement, Afreximbank présente l’AEB comme une institution financière panafricaine, supranationale et indépendante. Elle ira chercher des capitaux auprès des États, des compagnies pétrolières nationales, des institutions financières et des investisseurs privés pour soutenir le développement énergétique sur le continent.
Un raffinage encore à la peine
La naissance de la banque coïncide avec les difficultés que rencontrent les pays producteurs de la Cemac pour raffiner leur propre brut. Au Cameroun, tous les carburants sont importés depuis mai 2019, date de l’incendie qui a ravagé au moins quatre des 13 unités de la Société nationale de raffinage (Sonara). Le pays a lancé la reconstruction et la modernisation de ce site, dans le cadre d’un partenariat public-privé, afin d’en augmenter la capacité et d’y installer des unités d’hydrocraquage adaptées aux bruts lourds locaux. Un autre projet, baptisé CSTAR, porté par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Tradex et Ariana/RCG, prévoit une seconde raffinerie à Kribi, d’une capacité de 30 000 barils par jour, assortie d’un terminal de stockage. En attendant, et pour réduire sa dépendance aux importations, Yaoundé a conclu un accord d’approvisionnement en carburants avec la gigantesque raffinerie Dangote de Lekki, au Nigeria, comme nous l’indiquions la semaine dernière.
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Au Gabon, la Sogara ne couvre plus qu’environ 25 % à 28 % des besoins du marché national, selon la presse locale. Face à cette faiblesse structurelle et aux risques de tension sur l’approvisionnement, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a demandé une étude en vue de construire une nouvelle raffinerie. Au Tchad, l’unique raffinerie du pays, celle de Djarmaya, en service depuis 2011, produit 20 000 barils par jour. Les besoins augmentant, les autorités étudient son extension, ainsi que des partenariats pour bâtir une seconde unité. Sa production a d’ailleurs été suspendue le 15 octobre et ne reprendre que 30 novembre 2026 après la maintenance. Au Congo-Brazzaville enfin, selon Africa24 TV, des travaux ont démarré pour une deuxième raffinerie à Fouta, développée avec des investisseurs chinois via Beijing Fortune Dingheng, afin de renforcer l’autonomie du secteur aval.












