Standard Chartered reprend la main dans la banque d’affaires en Afrique subsaharienne. Selon le rapport Sub-Saharan Africa Investment Banking Review, publié par LSEG Data & Analytics et arrêté au 30 juin 2026, la banque britannique s’est hissée au premier rang des établissements ayant généré le plus de commissions dans la région. Elle a encaissé 33,6 millions de dollars, soit environ 18,8 milliards de FCFA, en hausse de 53 % sur un an. Sa part de marché atteint désormais 11,6 %, contre 6,9 % sur l’ensemble de 2025.
Ce retour au sommet a bouleversé une hiérarchie qui avait fait la part belle aux institutions africaines l’an dernier. Standard Bank, premier du classement en 2025 avec 39,9 millions de dollars de commissions, recule à la troisième place avec 17,2 millions de dollars au premier semestre 2026. La banque sud-africaine enregistre une baisse de 3 % de ses revenus sur un an, alors que le marché régional progresse de 26,4 %. Entre les deux établissements s’intercale le suisse Clairfield International, qui réalise l’une des plus fortes progressions du classement. Le réseau de conseil financier passe de la 18e place au premier semestre 2025 à la deuxième cette année, avec 21,4 millions de dollars de commissions, en hausse de 520 %.
Lire aussi: Afreximbank : le bénéfice net bondit de 30% à 534,7 millions de dollars au premier semestre 2026
Mais le changement le plus notable concerne Afreximbank. En 2025, la Banque africaine d’import-export avait créé la surprise en se hissant à la deuxième place du classement régional, juste derrière Standard Bank et devant Goldman Sachs. Avec 39,4 millions de dollars de commissions, contre environ 6,1 millions un an auparavant, l’institution panafricaine avait enregistré une progression de 543 % de ses revenus de banque d’investissement. Elle était passée de la 21e à la deuxième place en douze mois, captant 7,8 % des commissions générées en Afrique subsaharienne.
Six mois plus tard, la banque dirigée par le Camerounais George Elombi ne figure plus parmi les dix premiers établissements. Goldman Sachs, troisième en 2025 avec 38,9 millions de dollars, disparaît également de ce classement. LSEG ne précise pas les commissions générées par ces deux institutions au premier semestre 2026. La situation d’Afreximbank mérite d’autant plus d’être nuancée que ses propres résultats financiers ne font pas apparaître de recul de ses revenus de commissions. Sur les neuf premiers mois de 2026, la banque a comptabilisé environ 136,9 millions de dollars de produits de commissions, contre 117,2 millions sur la même période de 2025, soit une progression de 16,8 %. Son bénéfice net a parallèlement augmenté de 24,3 %, à 813,5 millions de dollars.
Lire aussi: Standard & Poor's accorde à Afreximbank la note "BBB+", à rebours de Fitch
Le retour de Standard Chartered à la première place intervient alors que les émissions obligataires constituent l’un des principaux moteurs de l’activité. Au premier semestre 2026, les États, institutions financières et entreprises d’Afrique subsaharienne ont levé 29,6 milliards de dollars sur les marchés obligataires, soit une hausse de 62 % sur un an. En six mois, le montant des émissions représente déjà plus de 90 % des 32,7 milliards de dollars mobilisés sur l’ensemble de 2025.
Standard Chartered figure parmi les principaux bénéficiaires de cette accélération. Elle a participé à des émissions représentant 3,56 milliards de dollars, contre 1,88 milliard sur l’ensemble de l’année précédente. Citi conserve la première place de ce segment avec 4,28 milliards de dollars d’opérations, talonnée par JP Morgan (4,25 milliards). À elles trois, ces banques représentent près de 41 % des montants d’émissions obligataires attribués aux chefs de file par LSEG. Les commissions issues des financements bancaires syndiqués ont progressé de 17,8 %, à 126,5 millions. À l’inverse, les revenus de conseil sur les fusions-acquisitions réalisées ont reculé de 44,7 %, à 42 millions de dollars.










