Entre 2007 et 2023, la Chine a accordé un total de 3 537 milliards FCFA de financements à l'État camerounais, soit en moyenne 208 milliards de Fcfa par an. Ce chiffre a été révélé à l’issue de l’audience que le ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minépat), Alamine Ousmane Mey, a accordée le 28 mai dernier à Wang Yingwu, ambassadeur chinois en fin de séjour après sept années passées à Yaoundé.
Selon le Minepat, cet argent a été accordé sous forme de prêts, "d’aides non remboursables" et d’assistance technique, faisant de la Chine le premier partenaire financier du pays au cours de la période sous-revue. Ces ressources ont permis de financer des projets d’infrastructures dans divers domaines, notamment : la santé, les transports, l’énergie et des sports. Le nouveau Palais de l’Assemblée nationale, la mise en service de la Phase II du Port en eau profonde de Kribi, la seconde phase du Projet d’alimentation en eau potable dans neuf villes camerounaises, sont entre autres projets dans lesquels l’Empire du Milieu est intervenu.
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La répartition des fonds engagés par la Chine n’est pas spécifiée, mais il est probable que les prêts constituent la majeure partie de l’enveloppe. sSelonla Caisse autonome d’amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique, avec une créance de 1 903,5 milliards de Fcfa à fin mars 2025, la Chine détient 66,2% de la dette bilatérale et 22,2% de la dette extérieure totale.
Cependant, des experts du commerce international estiment que l’action de la Chine n’est pas totalement désintéressée au regard des défis socio-économique auxquels l'Empire du Milieu fait face. Pour Julien Onguene, Ateba, économiste et logisticien des transports, ce soutien financier cache des intérêts économiques à long terme. « Le principe sacré en relations internationales est que les pays n’ont pas d’amis, mais ont plutôt des intérêts. La problématique de l’aide au sens propre du terme est un peu implicite. Parce que lorsque la Chine apporte par exemple son appui au pays dans le cadre d’une aide, ça veut dire qu’elle sait là où elle va récupérer cette aide là d’une manière ou d’une autre », analyse-t-il.
La balance commerciale reste déficitaire pour le Cameroun
Si l’ambassadeur chinois saluait des « réalisations fructueuses », la coopération profite davantage à la Chine sur le plan commercial. D’après l’Institut national de la statistique (INS), la balance commerciale bilatérale est structurellement déficitaire pour le Cameroun : l’excédent commercial en défaveur du pays est passé de 602,6 milliards FCFA en 2022 à 714,3 milliards FCFA en 2023, soit un creusement de 111,7 milliards FCFA.
Selon les experts, ce déséquilibre tient à la nature et à la structure du commerce camerounais : pour être compétitif, le pays doit produire des biens à plus forte valeur ajoutée. « Aujourd’hui, pour conquérir des parts de marché internationales, il faut être capable de fabriquer des composants destinés aux chaînes de montage, ce qui permet de renforcer la compétitivité », explique l’un d’eux.
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