Après le retrait du négociant suisse Gunvor, la bataille pour les actifs internationaux de Lukoil s’intensifie aux Etats-Unis. ExxonMobil, Chevron, ADNOC et le fonds américain Carlyle Group se positionnent désormais pour reprendre tout ou partie du portefeuille extérieur du géant russe, une course accélérée par l’entrée en vigueur des sanctions américaines prévue le 13 décembre prochain, rapporte Bloomberg. « Des prétendants font la queue pour examiner les différents aspects de l’expansion internationale du géant énergétique russe », écrit l’agence, alors que Washington insiste pour qu’« une entité américaine » prenne la main sur ces actifs.
Porté par des sanctions de plus en plus restrictives, le processus de cession pourrait s’opérer en deux temps : une acquisition globale par un acteur financier, suivie d’une revente progressive par blocs, selon des sources proches du dossier. Lukoil, pressé par les délais réglementaires, privilégierait toutefois une vente en un seul lot, afin de se délester rapidement de son empreinte hors de Russie.
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L’arrivée de majors américaines redessinerait profondément la carte énergétique africaine. Chevron et ExxonMobil sont déjà bien implantées dans plusieurs pays où Lukoil détient des actifs stratégiques. Au Cameroun, Chevron codéveloppe le mégachamp gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda (2 500 milliards de pieds cubes). Au Gabon, ExxonMobil a signé son retour après douze ans d’absence. Au Congo, les deux groupes renforcent leur présence dans les hydrocarbures offshore. La reprise des actifs africains de Lukoil — valorisés à environ 5 à 7 milliards de dollars (3 200 à 4 500 milliards FCFA) selon des estimations de marché — conforterait l’influence américaine sur le pétrole et le gaz du continent.
Lukoil, victime des sanctions occidentales vis-à-vis de la Russie pour la guerre en Ukraine depuis 2022, détenait jusqu’ici un portefeuille international couvrant l’Irak, l’Ouzbékistan et plusieurs pays africains, représentant près de 20 % de sa production hors Russie. Après l’accord avorté avec Gunvor, la compagnie n’a toujours pas officialisé sa position depuis le 7 novembre. La nouvelle fenêtre d’enchères, dominée par les États-Unis et leurs alliés, pourrait ainsi acter un basculement stratégique majeur dans le contrôle des ressources énergétiques africaines.
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