En République démocratique du Congo (RDC), Afriland First Bank CD a connu, le 25 juin 2025, une fermeture administrative décidée par la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK). L’établissement est accusé de non-paiement des taxes dues à la ville, dans le cadre d’une campagne de redressement fiscal visant plusieurs sociétés, dont la banque nigériane UBA. Deux jours plus tard, Afriland annonçait la réouverture de son siège, évoquant une « brève intervention » et assurant que des discussions sont en cours avec la régie financière pour "éviter de nouveaux incidents".
La fermeture de juin 2025 vient allonger la liste des déboires rencontrés par la banque depuis sa mise sous administration provisoire en juin 2022, et l’éviction d’Afriland First Group(AFG) de l'actionnariat. Entre juillet et septembre 2025, la banque a suspendu ses services à huit reprises, invoquant des « maintenances techniques » et « travaux internes », perturbant son fonctionnement et fragilisant sa relation avec la clientèle.
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Tout ceci survient alors que l’établissement reste au cœur d’un bras de fer juridique opposant AFG qui jusqu’ici contrôlait 95 % du capital, à l’État congolais. La Banque centrale du Congo (BCC) avait justifié la mise sous administration provisoire par des « risques de solvabilité » et la nécessité de "protéger les épargnants". Mais la holding, basée à Genève et contrôlée par l’homme d’affaires camerounais Paul Fokam Kammogne, dénonce depuis une « spoliation programmée » de son actif congolais.
Le 28 août 2023, Afriland First Group a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) à Washington. Représentée par le prestigieux cabinet américain White & Case, la holding conteste la légalité de la mise sous tutelle et réclame le rétablissement de ses droits sur sa filiale congolaise. Il s’agit de la deuxième action en justice intentée par Afriland dans ce dossier. Dès juillet 2022, le groupe avait déjà saisi le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe pour tenter d’annuler la décision de la BCC, sans succès.
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