Au cours de l’année 2024, le Cameroun a mobilisé 14,4 milliards de Fcfa de recettes non fiscales provenant des travailleurs de nationalité étrangère. Ce chiffre a été rendu public le 9 janvier dernier à Yaoundé à l’occasion de la première session du groupe de travail interministériel formé pour de lutter contre la main-d'œuvre irrégulière
Si la somme collectée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) est en hausse de 9,4 milliards de Fcfa (+188%), en glissement annuel, il n’a cependant pas atteint l’objectif de 20 milliards de Fcfa projeté, ce qui fait un taux de réalisation de 72%. En 2023, sur une cible de 14 milliards de Fcfa, le département ministériel dirigé par Issa Tchiroma Bakary n’a capté que 5 milliards de Fcfa pour un taux d’exécution de 35,7% à la première année d’implémentation de la mesure gouvernementale.
L’on se souvient qu’après cet objectif manqué le Minefop a annoncé la mise en place d’un fichier à même de renseigner sur l’ensemble des étrangers résident au Cameroun. « C’est pour ça donc que le gouvernement a pris la décision de mettre en place cette structure-là, un cocontractant, un expert qui pendant trois ans, doit nous dire le nombre des étrangers, dire quelle est leurs origines, leur capital savoir leurs salaires », indiquait le membre du gouvernement en début 2024.
Malgré l’embellie observée, ces détails relatifs aux travailleurs étrangers en terre camerounaise n'existent pas encore dans leur complétude. Entretemps, le pays envisage de mobiliser 20 milliards de Fcfa en 2025 auprès des travailleurs expatriés. Pour rappel, cette mesure de collecte de recettes non fiscales instaurée dans la loi de finances 2023 et stipule que le prélèvement au titre des frais de visa de travail apposé sur les contrats des travailleurs de nationalité étrangère « est fixé à l’équivalent de deux mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs non africains ».
A terme, le but est de renforcer la formation professionnelle avec, en prime, la transformation de 288 SAR-SM (section artisanale rurale et section ménagère) en centres de formation aux métiers ultramodernes.

