L'État camerounais réduira de 93,3 milliards FCFA ses prévisions de recettes pétrolières pour 2025, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2026-2028. Cette révision, attendue dans la prochaine ordonnance présidentielle rectifiant la loi de finances, abaisse l’enveloppe de 734,8 milliards à 641,5 milliards FCFA (-12,7 %).
Cette révision des prévisions reste notable, bien que les recettes pétrolières ne constituent pas la principale source de revenus pour le Budget général de l’État. En 2025, elles devraient représenter environ 12 % des 5 350,8 milliards FCFA de recettes attendues hors dons et emprunts. Le ministère des Finances justifie cette révision à la baisse par un ajustement des hypothèses macroéconomiques. Le prix du baril de pétrole camerounais a été revu de 72,84 à 66,94 dollars, tandis que la production nationale de brut devrait diminuer, passant de 20,71 à 19,81 millions de barils. La production attendue de GNL (Gaz naturel liquefié) piquerait également du nez, passant de 92 à 79,2 milliards de pieds cubes standards (scf) en 2025. Par ailleurs, la hausse du taux de change du dollar (passé de 597,69 à 609,12 FCFA) a également pesé sur les projections. Ces différents facteurs devraient entraîner une baisse des redevances versées par la SNH et de l’impôt sur les sociétés pétrolières, affectant d’autant plus les recettes de l’État.
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Les conséquences de cette chute sont multiples et directes sur le budget de l'État. Concrètement, en 2024, le déficit budgétaire global a atteint 1,5% du PIB, contre un objectif initial de 0,4%. Le ministère des Finances précise que ce dérapage nécessitera des ajustements et des économies sur d'autres postes de dépenses. Des réductions significatives sont prévues sur les dépenses d'investissement public et sur les subventions. Ces économies devraient permettre de compenser partiellement les dépassements observés sur d'autres postes, notamment les biens et services, les intérêts de la dette et les dépenses de personnel.
Historiquement, l’économie camerounaise a fait preuve de résilience face aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole. Toutefois, la nouvelle révision à la baisse des prévisions pour 2025 s’inscrit dans une tendance déjà amorcée en 2024, année durant laquelle les recettes pétrolières avaient reculé de 188,3 milliards FCFA. Les perspectives à moyen terme, présentées dans l’Annexe 1-A du DPEB, ne sont guère plus encourageantes : les recettes pétrolières devraient continuer de diminuer, passant à 609,5 milliards FCFA en 2026, puis 563,1 milliards FCFA en 2027, avant un léger rebond à 589,5 milliards FCFA en 2028. Cette volatilité persistante met en évidence la nécessité, pour le Cameroun, de diversifier davantage ses sources de revenus et de réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures, afin de renforcer la soutenabilité budgétaire sur le long terme.
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