Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, le 4 mai, avoir autorisé un décaissement de 58 millions de dollars, soit un peu plus de 33,4 milliards FCFA, au profit de la République centrafricaine (RCA). Cette décision conclut les 3ᵉ et 4ᵉ revues du programme conclu avec Bangui au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) lancée en avril 2023. Les discussions entamées depuis septembre 2024 ont été ardues, compte tenu des résultats jugés mitigés du programme. L’institution de Bretton Woods a dû faire preuve de flexibilité pour valider ce nouveau décaissement, qui porte à 124 millions de dollars (71,4 milliards FCFA) le montant déjà versé sur les 197 millions attendus (environ 113 milliards FCFA).
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Parmi les conditionnalités clés figure la réforme du marché des carburants, que le FMI considère comme essentielle pour la stabilisation macroéconomique et une croissance durable et inclusive.
Des importations jugées opaques malgré l’amélioration de l’offre
Tout en saluant une légère amélioration de l’offre de produits pétroliers ces derniers mois, le FMI estime que les prix à la pompe restent « élevés en raison d’importations coûteuses et opaques ». En d’autres termes, la baisse de 100 FCFA/L appliquée début mai à l’essence, au gasoil et au pétrole lampant — et présentée par le gouvernement comme une mesure de soutien au pouvoir d’achat — est jugée insuffisante. L’institution estime que la marge de manœuvre aurait pu être plus large, notamment grâce à la réception en mars 2025 d’une cargaison de 30 000 tonnes de carburants offerte par la Russie.
Le FMI appelle à une utilisation « transparente » de ce don, assortie d’un audit complet des coûts et marges dans la chaîne d’approvisionnement, afin de stimuler la concurrence, accroître l’efficience de l’offre et renforcer les recettes fiscales. Selon l’organisation, la contribution de la fiscalité pétrolière au budget de l’État est tombée à 9 % en 2024, contre 20 à 25 % entre 2020 et 2021.
L’institution épingle le monopole de Neptune Oil
La réforme préconisée par le FMI comprend également l’ouverture du marché de l’importation. Elle recommande d’explorer des voies logistiques alternatives, notamment via le fleuve Oubangui depuis le Congo, pour limiter les surcoûts liés au transport par route via le Cameroun. Mais surtout, le FMI pointe du doigt la convention exclusive signée le 29 septembre 2023 entre l’État centrafricain et la société camerounaise Neptune Oil S.A., qui confère à cette dernière un monopole sur l’approvisionnement en produits pétroliers et gaz domestique.
Pour l’institution, ce monopole nuit à la transparence et à la fixation concurrentielle des prix à la pompe. Une position que rejette fermement le gouvernement. Le ministre du Développement de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri, défend cette exclusivité en invoquant des motifs de souveraineté. Il assure que Neptune Oil garantit l’approvisionnement du pays sans aucune garantie financière de l’État et que cette exclusivité permet de lutter contre les importations parallèles opérées par des réseaux de contrebande.
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