elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Mines et énergiesEpremium

République centrafricaine : les sociétés minières d’État annoncées par le Code minier 2024 tardent à démarrer

La GEMINCA, la SONADERM, la SOCAF et la CATAGEM, piliers annoncés du nouveau cadre juridique minier, restent à l’état de projet près de deux ans après l’adoption du texte. Une inertie qui fragilise la lutte contre la fraude et retarde la transformation locale des ressources.

Publiée mercredi 28 janvier 2026 à 10:14:40Modifiée mercredi 28 janvier 2026 à 10:14:41Temps de lecture 3 minPar Jean Omer Eyango

CAFRICA-MONUMENT-FEATURE
Une femme passe devant le Monument de la Paix à Bangui, le 28 février 2025. (Photo de PATRICK MEINHARDT / AFP)

Près de deux ans après l’adoption du Code minier de juillet 2024, présenté comme un tournant majeur pour l’assainissement du secteur extractif, la République centrafricaine peine à passer du verbe à l’acte. Au cœur de ce nouveau dispositif figurait la création de quatre sociétés minières publiques censées structurer, contrôler et valoriser les chaînes de valeur minières. Mais, à ce jour, aucune n’est effectivement opérationnelle. Dans son discours sur l’état de la Nation prononcé en décembre 2025, le président Faustin-Archange Touadéra se félicitait pourtant des avancées enregistrées. « Nous avons promulgué un nouveau Code minier plus attrayant avec la création de plusieurs sociétés d’État », affirmait-il, citant nommément la Société nationale de développement des ressources minières (SONADERM), Gemmes et Minéraux de Centrafrique (GEMINCA), la Société centrafricaine d’affinage (SOCAF) et la Centrafricaine de taillerie des gemmes (CATAGEM).

Sur le papier, les missions de ces entités sont claires. La SONADERM devait intervenir en amont, dans la prospection, la recherche et la valorisation du potentiel minier national. La GEMINCA, société de patrimoine à capitaux majoritairement publics, est appelée à jouer un rôle central dans la collecte, l’achat et surtout l’exportation des gemmes et métaux précieux, avec un quasi-monopole destiné à renforcer la traçabilité. La SOCAF et la CATAGEM devaient, quant à elles, incarner l’ambition de transformation locale, à travers l’affinage de l’or et la taille des pierres précieuses sur le territoire national. Mais dans les faits, ces instruments structurants restent absents.

Lire aussi : Centrafrique : le canadien CVMR décroche un méga-contrat minier de 25 ans sur l’uranium, l’or et le coltan

Cette lenteur administrative et politique n’est pas sans conséquences. Faute de la GEMINCA, l’État peine toujours à reprendre la main sur des flux miniers largement dominés par l’informel. Selon la Banque africaine de développement, près de 75 % de la production diamantifère échappe encore au contrôle de l’administration. Le FMI relève, de son côté, il y a quelques mois, que seulement 2,7 % des revenus miniers sont reversés au Trésor, malgré une forte progression de la production aurifère ces dernières années.

L’absence de la SOCAF et de la CATAGEM retarde également la création de chaînes de valeur locales, présentée par le chef de l’État comme un levier de souveraineté économique. « Nous encouragerons la transformation locale, la création d’industries de raffinage et de traitement », promettait-il devant les députés en décembre dernier. En attendant, l’or et le diamant continuent majoritairement de quitter le pays à l’état brut, alimentant les pertes fiscales et les flux financiers illicites.

Plus largement, cette incapacité à opérationnaliser les sociétés publiques prévues par le Code minier illustre le décalage persistant entre annonces politiques et mise en œuvre effective des réformes. Un paradoxe d’autant plus préoccupant que le potentiel est réel : indices miniers en hausse, levée de l’embargo du Processus de Kimberley, découverte de minéraux critiques. Autant d’atouts que la Centrafrique peine encore à convertir en recettes durables et transparentes, faute d’institutions pleinement fonctionnelles.

Lire aussi : RCA : l’émirati SML Gold investit 10 millions de dollars pour une raffinerie d’or à Bangui

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Mines et énergies
  • République centrafricaine : les sociétés minières d’État annoncées par le Code minier 2024 tardent à démarrer
code minierRépublique CentrafricaineGemincasociétés minières d’Étatla SONADERMSocaf
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Epremium813606365_1742140776998318_2088517821611808503_nMines et énergiesPort de Kribi : le MINMIDT alerte sur des risques d’incendie et la non-conformité des stations-serviceAu Cameroun, les services du ministère en charge des mines et de l'industrie ont relevé plusieurs défaillances administratives et techniques sur les installations d’hydrocarbures sensibles au sein de la plateforme portuaire de Kribi.il y a 29 minutesEpremiumlMines et énergiesPétrole : les exportations du Congo vers le Vietnam bondissent de 3 à 151 milliards FCFAAvec 148,3 milliards de FCFA de brut achetés au deuxième trimestre, le Vietnam a dépassé plusieurs débouchés traditionnels du Congo et s’est installé au quatrième rang de ses clients, derrière la Chine, les Pays-Bas et la Corée du Sud.il y a 2 heuresEpremiumTrain Express CAMRAILMines et énergiesCameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019La Société camerounaise de chemins de fer (SCCF), véhicule à travers lequel Africa Global Logistics (AGL) contrôle Camrail, a enregistré une perte d’environ 45 millions de FCFA en 2025. C’est son septième exercice consécutif dans le rouge, portant ses pertes cumulées depuis 2019 à près de 300 millions de FCFA.il y a 2 joursEpremiumGunvorMines et énergiesPétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au CamerounMalgré son statut de producteur historique, le Gabon ne tire qu’une fraction des recettes que certains de ses voisins obtiennent de chaque baril produit. Selon la Banque mondiale, 31,1 dollars reviennent à l’État par baril, contre 47,6 dollars au Tchad et 90,5 dollars au Cameroun.il y a 3 joursshutterstock_2159208219-scaledMines et énergiesTotalEnergies accorde une prime exceptionnelle de 1 000 euros à ses salariés françaisAlors que la flambée des hydrocarbures gonfle ses bénéfices, TotalEnergies veut récompenser ses salariés français.​il y a 3 joursEpremiumdiamant-rcaMines et énergiesCentrafrique : la production de diamants devrait baisser de 53 % en 2026 (BEAC)Deux ans après la levée complète des restrictions du Processus de Kimberley, la filière diamantaire centrafricaine devrait connaître un nouveau coup d’arrêt. Par contre, l’or devrait progresser à un record de 8 tonnes.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Banques : Afriland constitue son nouvel état-major pour la conquête de l’Afrique centraleil y a 2 jours2Gabon : avec 1 064 milliards de FCFA de dette, six entreprises publiques inquiètent la Banque mondiale il y a 4 jours3Pétrole : pourquoi un baril rapporte 31 dollars au Gabon contre 90 dollars au Camerounil y a 3 jours4Yvon Sana Bangui prend la tête de l’Institut chargé de préparer la future Banque centrale africaine il y a 5 jours5Cameroun : l’actionnaire majoritaire de Camrail cumule 300 millions FCFA de pertes depuis 2019il y a 2 jours6Cameroun : l’État mobilise 300 millions FCFA pour amorcer le lancement d'un Institut professionnel de la microfinanceil y a 1 semaine7Cameroun : le bénéfice net de PlaYce tombe à son plus bas niveau depuis son ouvertureil y a 6 jours8Cameroun : le projet ferroviaire avec la RCA permettrait à Kribi de capter 5 % du commerce mondial de minerai de feril y a 4 jours9Cameroun : le retour inattendu de Viettel Global dans la bataille pour Nexttelil y a 3 jours10Tchad : les demandes d’e-Visa bondissent de moins de 10 à plus de 100 par jouril y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.