Cinq mois après sa réélection, le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, s’apprête à former s’apprête à former un nouveau gouvernement, le tout premier de la 7e République. Et pour inaugurer son mandat, il a opté pour la continuité en reconduisant Félix Moloua au poste de Premier ministre. Deux jours après qu’il a accepté sa démission et celle de son gouvernement, le président de la République a renouvelé sa confiance ce 15 mars au chef du gouvernement qui va devoir se mettre immédiatement au travail pour redresser un pays où tout est à construire. Si sa démission du gouvernement avait alimenté des spéculations sur un possible changement de cap politique à Bangui, le maintien du Premier ministre apparaît finalement comme le choix de la stabilité dans un contexte économique et social particulièrement fragile. Avec l’équipe qu’il va proposer dans les prochaines heures au chef de l’Etat, Félix Moloua a une mission colossales : poursuivre le pilotage du Plan national de développement (PND 2024-2028) et transformer les engagements financiers obtenus ces derniers mois en investissements concrets pour remettre l’économie centrafricaine sur les rails.
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Économiste de formation, Félix Moloua est considéré comme l’un des principaux architectes de la stratégie de reconstruction économique de la République centrafricaine. Avant son arrivée à la primature en février 2022, il avait occupé le portefeuille de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, où il s’était illustré dans les négociations avec les partenaires techniques et financiers. Son maintien à la tête du gouvernement intervient alors que le pays tente de mettre en œuvre un ambitieux Plan stratégique destiné à sortir la Centrafrique de décennies de crises politico-militaires, de faiblesse institutionnelle et de sous-investissement chronique dans les infrastructures de base. Le coût global de ce programme stratégique est estimé à près de 12 milliards de dollars, un montant colossal pour l’économie la plus fragile de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Le plan vise, notamment, à moderniser les infrastructures routières et énergétiques du pays, renforcer ses capacités agricoles, améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité, accélérer l’industrialisation et créer les conditions d’une croissance plus inclusive.
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Les autorités centrafricaines espèrent également utiliser ce programme pour réduire la pauvreté, stimuler l’emploi des jeunes et renforcer l’intégration économique régionale. Le gouvernement mise sur une amélioration progressive du climat des affaires afin d’attirer davantage d’investissements privés dans les mines, l’agriculture, l’énergie et les télécommunications. L’un des principaux faits marquants de cette stratégie reste la table ronde des investisseurs organisée en septembre 2025 à Casablanca. À l’issue de cette rencontre, les autorités centrafricaines avaient annoncé avoir récolté environ 9 milliards de dollars de promesses d’investissements et d’intentions de financement auprès de partenaires institutionnels et d’investisseurs privés. Mais pour le gouvernement de Félix Moloua, le véritable défi commence désormais. Il ne s’agit plus seulement de mobiliser des annonces, mais de transformer ces engagements en financements effectifs capables de soutenir des projets concrets sur le terrain.
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La tâche s’annonce complexe dans un pays où les besoins restent immenses. La Centrafrique accuse encore d’importants retards dans pratiquement tous les secteurs sociaux. Le taux d’accès à l’électricité reste très faible à 16%contre à peine 47% pour l’eau potable. Toutes les régions font encore face à un enclavement élevé, les infrastructures sanitaires et éducatives sont largement insuffisantes. Le pays qui dispose d’un tissu industriel plus qu’embryonnaire est surtout fortement dépendant aux importations. À cela s’ajoutent les défis sécuritaires persistants dans certaines zones du pays, qui continuent de peser sur l’attractivité économique et la mise en œuvre des projets publics. Le futur gouvernement que devra proposer Félix Moloua au président Faustin-Archange Touadéra sera donc particulièrement attendu. Il devra concilier impératifs politiques et efficacité économique afin d’accélérer l’exécution du PND.
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La reconduction du Premier ministre vise probablement à rassurer les partenaires financiers et les investisseurs sur la continuité de la stratégie économique du pays. En maintenant à la primature un profil technocratique familier des bailleurs internationaux, le président Touadéra espère conserver la confiance des partenaires engagés dans la reconstruction du pays.

