Dans un contexte marqué par une saison des pluies particulièrement intense au Cameroun, le ministère des Travaux publics (Mintp) a lancé, le 8 juillet 2025, un appel d’offres national ouvert en procédure d’urgence pour le bitumage du tronçon routier Banyo–Mayo Darle–Bankim, long de 152 kilomètres, dans la région de l’Adamaoua. D’un coût estimé à 4,8 milliards FCFA, ce projet, prévu sur 12 mois, est intégralement financé par le Budget d’investissement public (BIP).
Selon des sources introduites au Mintp, « cette intervention vise à réparer les dégradations causées par les fortes précipitations dans cette partie du pays, mais aussi à sécuriser un axe essentiel pour le transport des marchandises sur l’ensemble du territoire camerounais et même vers les pays limitrophes ». Concrètement, l’appel d’offres est exclusivement réservé aux entreprises locales ou groupements camerounais, dans une optique de promotion de l’emploi national et de renforcement des capacités du secteur local du BTP. Il concerne un lot unique : la section Pont de la Mapé – PK 15+000, dans l’Adamaoua. Le cahier des charges comprend notamment l’installation complète du chantier, les études géotechniques, le nettoyage, le terrassement ainsi que la construction d’une chaussée répondant à des normes techniques strictes.
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Les travaux incluent également l’aménagement des systèmes d’assainissement et de drainage, la construction d’ouvrages d’art, la mise en place d’une signalisation complète (bornes kilométriques, balises, glissières de sécurité), ainsi que des aménagements sociaux : forages, salles de classe et éclairage public. Des dispositions sont aussi prévues pour la gestion des impacts environnementaux, le déplacement des réseaux et les éventuelles expropriations.
En facilitant le transit des produits agricoles issus de l’Adamaoua vers les centres urbains et les marchés d’exportation, le projet contribuera à réduire les pertes post-récolte et à stabiliser les prix sur les marchés nationaux. Il devrait également stimuler les échanges commerciaux avec les régions voisines (Nord-Ouest, Ouest) et le Nigeria. Le Mintp estime qu’un kilomètre de route bitumée pourrait générer un gain de croissance locale de 1,5 % sur cinq ans, par l’augmentation des flux commerciaux, la création d’emplois et l’installation progressive d’unités de transformation.

