La compagnie Savannah Energy Plc a récemment annoncé la mobilisation de près de 300 millions de dollars US, environ 181,2 milliards de Fcfa pour soutenir la croissance de ses activités en Afrique durant l’année en cours. Cette enveloppe sera investie dans les principaux pays où l’entreprise est active notamment le Cameroun, le Niger et le Nigeria. « Je tiens à exprimer ma gratitude à nos actionnaires et prêteurs actuels et nouveaux pour leur soutien et j’ai hâte de tenir tout le monde au courant de la réalisation de nos projets ciblés tout au long de l’année », s’est exprimé Andrew Knott, CEO de Savannah Energy, dans le communiqué y référent.
La société britannique précise que les fonds ont été mobilisés en 3 temps : une facilité de crédit d’acquisition de 200 millions USD avec la société d’investissement Blacksea W.L.L ; une facilité de prêt de réserve de 60 millions USD avec The Standard Bank of South Africa Limited et une levée de fonds par le biais d’une souscription d’actions ordinaires d’environ 30,6 millions de livres sterling (soit 39,61 millions USD).
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Avec l’argent sécurisé, Savannah Energy annonce 9 principales réalisations notamment l’acquisitions de nouveaux actifs d’hydrocarbures dans chacun de ses 3 pays, le refinancement de sa facilité de crédit au Nigéria, le relèvement des capacités de ses centrales au Niger et au Cameroun etc.
Le cas du Cameroun
Si Savannah Energy ne renseigne pas sur la part du Cameroun dans cette enveloppe, l’entreprise décline tout de même son plan d’actions pour 2025 dans le pays. Il s’agit de la finalisation de l’extension de plus de 25% des capacités du barrage hybride (hydroélectrique et solaire) de Bini A Warak, dans la région de l’Adamaoua. La société, qui a repris le projet en avril 2023, entend porter à 95 MW les capacités exploitées du barrage, contre 75 MW à date.
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Elle annonce également la construction d’une ligne de transport de 110 kV reliant le barrage au réseau électrique du nord du Cameroun (RIN) en marge de la relance de l’exploitation de celui-ci en tant que projet énergétique indépendant. Toutefois, Savannah indique que le démarrage des activités du barrage reste soumis à une approbation règlementaire attendue pour 2026 ; la première production d’électricité étant visée au cours de la période 2028-2029.
Affaire Tchad/Cameroun
Parmi les chevaux de bataille de Savannah en 2025, l’entreprise a mentionné un point clé ; les deux affaires qui l’opposent à la République du Tchad concernant la gestion de Cameroon Oil Transportation Company (Cotco), la société qui possède et exploite l’oléoduc Tchad-Cameroun, et le champ pétrolier de Doba (au Tchad). Le groupe britannique a porté lesdites affaires devant le Tribunal de 1ère instance de New-York depuis juillet 2023, puis devant la Chambre de Commerce de Paris. La société réclamait la cessation des activités sur ledit champ et le gel des fonds de Cotco. Savannah Energy s’appuie donc sur les fonds levés pour favoriser l’avancement de ces requêtes d’arbitrage afin de rentrer en possession, d’ici juin 2026, de près de 1,3 milliards USD (environ 783 milliards de Fcfa) d’indemnités ainsi reparties : 915 millions USD d’indemnisation (dont 140 millions USD d’intérêts) pour la nationalisation de ses droits et actifs au Tchad et 380 millions USD pour violation de ses droits en relation avec Cotco.
Pour rappel, c’est en 2023 que la filiale de Savannah Energy, Savannah Midstream Investment Limited (Smil) a été retirée de la table ronde de cette entreprise après sa nationalisation alors que l’actionnariat est constitué du Tchad (53,77%), Savannah (41,06%) et le Cameroun (5,17%). Au cours de la même année, la juniore pétro-gazière a également entamé une procédure arbitrale contre la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) pour la nationalisation des actifs de sa filiale Savannah Chad Inc (SCI) sur le champ de Doba, qu’elle exploite depuis 2018.
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