Au Cameroun, quatre groupes étrangers ont remporté les marchés de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé, pour un montant total de 112,6 milliards FCFA. Selon un document de présentation consulté par EcoMatin, le lot 1 revient au groupement franco-belge Putman/Phoenix Environnement, le lot 2 à l’entreprise belge Aspac Engineering et le lot 3 à l’indien WPIL Limited.
Concrètement, le groupement franco-belge Putman/Phoenix Environnement sera chargé de la fourniture et de la pose des équipements hydromécaniques, électromécaniques et électriques au complexe de Tsinga. À cela, s’ajoutent les travaux de génie civil pour les stations de pompage d’Abomé, d’Etoug-Ebe et de Mbankolo, ainsi que pour les réservoirs stratégiques d’une capacité totale de 13 250 m³ (5 000 m³ à Abomé, 4 500 m³ à Zibi Antenne, et 3 750 m³ à Minkoameyos). Ce lot représente un investissement total de 47,9 milliards de FCFA.
Pour sa part, Aspac Engineering, une entreprise belge spécialisée dans les secteurs des eaux et de l’environnement, aura pour mission de poser 160 km de réseau structurant et secondaire dans plusieurs étages de pression de Yaoundé. Les zones concernées incluent Etoudi, Mimboman, Nkomo, Abomé, Mission, Ndindan, Mbankolo bas et haut, ainsi que les réseaux bas de Nkoayos, Attemengue, Etougebe, Minkoameyos et Zibi Antenne. Le financement alloué à ce lot s’élève à 39,36 milliards de FCFA.
Enfin, WPIL Limited, une société indienne, prendra en charge la fourniture et la pose de 215 km de conduites tertiaires en PEHD (de diamètre compris entre 63 mm et 200 mm) dans divers quartiers, notamment Etoudi, Mimboman, Nkomo, Abomé, Mission, Mbankolo bas et haut, ainsi que le réseau bas de Nkoayos. L’entreprise réalisera également 29 248 branchements particuliers dans ces zones. Ce troisième lot bénéficiera d’un budget de 25,27 milliards de FCFA.
Ce projet, dont la durée prévue est de 36 mois, bénéficie d’un financement assuré par des institutions financières internationales. Ainsi, 93,5 % des fonds proviennent des banques ING Belgique SA, Belfius Banque et Eximbank India, pour un montant total de 95,9 milliards de FCFA. Le solde, soit environ 7 % du budget (près de 6,5 milliards de FCFA), est pris en charge conjointement par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) et la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER).
Une fois achevé, ce projet devrait permettre une amélioration significative du taux d’accès à l’eau potable dans les zones concernées. Il contribuera également à réduire la pénibilité liée à l’approvisionnement en eau, tout en favorisant une diminution de la pauvreté grâce à une meilleure gestion des ressources hydriques.
Pourtant, malgré la mise en service en août 2024 du Projet d’Alimentation en Eau Potable de Yaoundé et ses environs à partir du Fleuve Sanaga (PAEPYS), l’eau demeure une denrée rare dans la capitale et ses alentours. Bien que ce dernier projet ait permis d’augmenter la capacité journalière d’approvisionnement à 485 000 m³ (contre 185 000 m³ auparavant), le volume excédentaire de près de 250 000 m³ peine encore à desservir convenablement tous les quartiers. Cette situation est principalement due à la vétusté des canalisations existantes et à l’inadéquation du réseau actuel avec la nouvelle station de captage et de production de Batchenga, qui constitue l’infrastructure centrale du système.

