Au Tchad, la subvention au gaz domestique a atteint un niveau inédit. Au cours de l’année 2025, la facture des aides publiques à l’importation de gaz de pétrole liquéfié (GPL) s’est élevée à 55 milliards FCFA, contre 5 milliards FCFA en 2016, a révélé Hassan Adoum Younousmi, directeur général de l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad (ARSAT), lors de son intervention au Salon international du pétrole et des mines du Tchad (SEMICA-Tchad). « Le Tchad connaît un taux de croissance annuel d’importations de gaz domestique de 30 % par an », a-t-il indiqué.
Cette hausse s’explique par une consommation en forte expansion, passée de 26 000 tonnes de GPL importées en 2016 à 60 000 tonnes fin 2025, alors que la production nationale reste stagnante. « La production nationale est stagnante alors que la consommation est exponentielle, ce qui est souvent à l’origine des pénuries », a souligné le DG de l’ARSAT qui n’a pas révélé la marge de production locale. Pour réduire la dépendance aux importations, les autorités tchadiennes ont signé, en marge du SEMICA, une convention-cadre stratégique avec l’Algérie, visant la construction d’une nouvelle raffinerie de 20 000 barils par jour, extensible à 50 000 b/j, en complément de celle de Djermaya.
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L’augmentation rapide des volumes importés et des subventions a eu des répercussions directes sur le marché intérieur, marqué en 2025 par une succession de pénuries de gaz, notamment en mars, août, septembre et début décembre. Ces tensions ont favorisé des spéculations sur les prix, avec des hausses frauduleuses allant de 500 à 1 000 FCFA sur les tarifs réglementés. Face à ces dérives, l’ARSAT a rappelé, dans un communiqué du 15 décembre 2025, que la levée des subventions ne concernait que les kits de gaz butane (bouteille et accessoires) et non les prix de recharge, restés fixés à 1 000 FCFA (3 kg), 2 000 FCFA (6 kg) et 6 000 FCFA (12,5 kg).
Producteur établi de gaz naturel et d’or noir, mais dépendant des importations pour l’approvisionnement en GPL, le Tchad cherche désormais à sécuriser son marché domestique et à maîtriser le coût budgétaire des subventions. Selon le ministère du Pétrole, la coopération avec l’Algérie et l’expertise de Sonatrach doivent permettre de renforcer la souveraineté énergétique, d’accroître les capacités de transformation locale et de stabiliser durablement l’offre de gaz domestique, dans un contexte de demande structurellement haussière.
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