Selon un communiqué du ministère des Finances et du Budget du Tchad, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 25 juillet 2025, un nouveau programme de financement appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). D’un montant total de 625 millions de dollars (environ 365,6 milliards FCFA), ce programme s’étend sur quatre ans (2025-2029).
Il s’agit de l’aboutissement d’un accord de principe trouvé entre les autorités tchadiennes et une mission du FMI conduite par Julien Reynaud, qui a séjourné à N’Djamena du 5 au 16 mai dernier. Ce programme vise à accompagner la mise en œuvre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », axé sur quatre piliers : les infrastructures de base, les besoins sociaux fondamentaux, le développement économique et industriel, et l’amélioration du climat des affaires.
Pour le FMI, ce PND, dont le budget global est estimé à 30 milliards de dollars (environ 18 000 milliards FCFA), doit se concentrer sur des domaines prioritaires tels que le développement des infrastructures, la politique sociale et les services essentiels, la croissance industrielle, ainsi qu’un environnement propice aux investissements.
En contrepartie, le Tchad devra entreprendre une série de réformes : réduction du déficit budgétaire, maîtrise des effectifs de la fonction publique, encadrement des dépenses non ordonnancées, et amélioration des mécanismes de transferts sociaux. « Cela passera par de nouvelles mesures ciblées en matière de fiscalité indirecte, de gestion budgétaire, de traitement des arriérés et de digitalisation des administrations fiscale et douanière… Il est essentiel que le Tchad mette en œuvre les mesures nécessaires pour corriger les déséquilibres macroéconomiques et consolider la stabilité extérieure, notamment en veillant à ce que les avoirs extérieurs nets restent suffisants », expliquait Julien Reynaud en mai dernier.
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Malgré un contexte difficile marqué par l’insécurité, la volatilité des prix du pétrole et la baisse de l’aide publique au développement, le FMI insiste également sur l’importance des réformes structurelles : transparence budgétaire, lutte contre la pauvreté et la corruption, décentralisation, et résilience face au changement climatique. Ce partenariat ouvre la voie à un premier décaissement immédiat de 28,04 millions de DTS (soit 38,5 millions de dollars ou 23,3 milliards FCFA), assorti d’un mécanisme de revues semestrielles. « Le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre ses efforts à travers des réformes économiques et budgétaires visant à améliorer les conditions de vie des populations et le climat des affaires », souligne le ministère des Finances.
Pour mémoire, ce nouveau programme relance la coopération entre le FMI et le Tchad, après la suspension en 2021 du précédent accord au titre de la FEC signé en 2017. En 2020, le pays avait également bénéficié d’un appui au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) pour faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19. Entre avril et juillet 2021, le FMI avait débloqué 183,6 millions de dollars à ce titre.
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