À l’issue d’une mission du FMI conduite par Julien Reynaud à N’Djamena du 5 au 16 mai, l’institution financière multilatérale a annoncé le 22 mai, avoir conclu un accord de principe avec le Tchad à propos d’un nouveau programme économique et financier à hauteur d’environ 630 millions de US dollars (environ 364,3 milliards de Fcfa). Le programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) devrait s’étaler sur une durée de 4 ans sous réserve de la validation du conseil d'administration.
L’objectif de ce nouveau programme est d’assurer la soutenabilité des finances publiques et créer un espace budgétaire afin de financer les projets du Plan National de Développement (PND) 2024-2028. « Le Tchad est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Après une transition politique achevée en février 2025, les autorités tchadiennes souhaitent mettre en œuvre un plan ambitieux de réformes et de projets dans le cadre de leur Plan National de Développement (PND), Tchad Connexion 2030", a déclaré Julien Reynaud, à la tête de la délégation qui a séjourné à N'Djamena. Selon le Fonds, le PND devrait se concentrer sur quatre domaines clés : le développement des infrastructures, la politique sociale et les services publics essentiels, le développement économique et industriel, et l’amélioration du climat des affaires.
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Pour atteindre ces objectifs, le Tchad et le FMI se sont accordés sur l’implémentation d’un certain nombre de réformes. Les plus urgentes consistent en la réduction du déficit budgétaire, le contrôle des effectifs de la fonction publique et l’encadrement des dépenses avant ordonnancement, l’augmentation du financement direct et la couverture des programmes de transferts monétaires et d'alimentation scolaire. « Cela passera par de nouvelles mesures ciblées de fiscalité indirecte, de gestion des finances publiques, de gestion des arriérés et de digitalisation de l’administration fiscale et douanière…Il est essentiel que le Tchad mette en œuvre les mesures nécessaires pour corriger les déséquilibres macroéconomiques et consolider la stabilité extérieure, notamment en veillant à ce que les avoirs extérieurs nets restent suffisants », explique…
Par ailleurs, le Tchad devra mettre en œuvre des réformes structurelles telles que l’amélioration du climat des affaires, la transparence budgétaire, la résilience climatique, la décentralisation et la lutte contre la corruption et la pauvreté. Toutefois, le pays de Mahamat Idriss Deby Itno reste confronté à deux principaux défis que sont les conflits et instabilité dans la région ainsi que la baisse des cours du baril de brut à l'international et des financements de l'aide publique au développement. Ainsi, « les services du FMI et les autorités s’attendent à ce que le soutien financier du FMI ouvre la voie à un soutien financier additionnel de la part des partenaires de développement ».
À en croire le FMI, les perspectives à long terme de la croissance du Tchad dépendent de la mise en œuvre du FEC. Entretemps, l’institution projette une croissance atténuée à 3,3 % pour le Tchad en 2025 après 3,5 % en 2024 et 5 % en 2023.
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Ce nouveau programme vient réchauffer les relations entre N'Djamena et l'institution de Bretton Woods qui, en 2021 avait suspendu le précédent accord au titre de la FEC conclu en 2017. En 2020, le pays a pu bénéficier du programme sur la Facilité de crédit rapide (FCR) visant à faire face aux problèmes économiques posés par la pandémie de COVID-19, survenue fin 2019. Entre avril et juillet 2021,183,60 millions de dollars ont été décaissés par l'institution de Washington.








