Le Conseil des ministres du 21 août, présidé par le maréchal Mahamat Idriss Déby, président du Tchad, a décidé d’annuler le projet de décret relatif à la création et à l’approbation des statuts de la Société tchadienne d’électricité (Tchadelec). « Il est remis en étude dans les plus brefs délais afin de donner un cadre juridique clair et moderne à la société afin d’améliorer la gouvernance du secteur énergétique et de répondre aux besoins croissants en électricité », souligne Gassim Shérif Mahamat, porte-parole du gouvernement.
La société, dont la création avait été validée par le conseil des ministres le 7 juillet dernier, a ainsi été remise en examen, jugée « peu stratégique » par le président de la République du Tchad. Selon le projet initial, Tchadelec devait remplacer, dès sa création, la Société nationale d’électricité (SNE), en charge du service public de l’électricité depuis 2011. Tchadelec hériterait donc, suivant les quelques informations communiquées à ce moment-là, du conseil d’administration et du capital (1 milliard FCFA) de son prédécesseur ; à la différence que celui-ci sera détenu à 100% par l’Etat tchadien (contre 81% pour la SNE).
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Cependant, la société dissoute laisse principalement des difficultés d'ordre financier et opérationnel, conséquence d’une mauvaise gouvernance selon le président. « Ce n'est pas un problème de moyens. Ce n'est pas un problème de volonté politique. C'est un problème de gestion. L'État tchadien a mis à disposition de la SNE de l'argent. Le secteur de l'énergie a été bien utilisé », déclarait Mahamat Idriss Deby à lors de l’annonce de la dissolution de l’entreprise. En effet, en juillet 2024, les autorités avaient lancé un programme d’accélération de l’électrification du pays d’un montant de 460 millions de dollars, financé par la Banque mondiale, destiné à apurer les dettes de la société (estimées à 133 milliards FCFA en 2022), moderniser son outil de production et de distribution afin d’assurer une couverture de 53% d’accès à l’énergie d’ici 2030. Le rapport 2023 de la Banque mondiale sur le Tchad renseigne que ce taux varie entre 14% dans la capitale à 1% dans les provinces, avec 53 MW disponible pour 349 000 MWh produit essentiellement par des centrales thermiques à gazoil.
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Cet aspect du projet Tchadelec, qui est perçu par les syndicalistes du syndicat des consommateurs du Tchad comme une simple « restructuration administrative », pourrait avoir motiver la réticente du président tchadien à propos. Par la même occasion, il a souligné son mécontentement par rapport à la situation, rappelant aux membres du conseil que le Conseil des ministres n'est pas « une passoire à décrets » et que les textes doivent être « apprécié dans l'intérêt du pays ». « Le maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a appelé les membres du conseil des ministres au sens des responsabilités ; les textes ne doivent pas être adoptés dans la précipitation », a rajouté le porte-parole.

